Apprendre à danser la samba
Apprendre à danser la samba, c’est entrer dans l’univers énergique et rythmé de la samba sportive, aussi appelée samba de salon. Découvrez des conseils et repères essentiels pour comprendre cette danse de couple codifiée et développez de bonnes bases techniques. Que vous débutiez ou que vous cherchiez à améliorer votre pratique, vous y trouverez des clés pour progresser pas à pas, affiner votre posture, votre rythme et votre connexion, et danser la samba sportive avec plus de fluidité et de confiance.
La samba de salon accessible à tous
La samba de salon (également appelée « sportive », « ballroom » ou « internationale ») est une discipline impressionnante à regarder, mais elle reste accessible à la grande majorité des personnes. Contrairement à une idée reçue, il n’est pas nécessaire de « savoir déjà danser » pour commencer : la samba de salon s’apprend comme n’importe quelle pratique, avec des bases simples et une progression régulière. Avec de la motivation et un bon encadrement, chacun peut acquérir les fondamentaux et prendre du plaisir dès les premières séances.
Vous souhaitez aussi découvrir d’autres styles brésiliens ? Il est également possible d’apprendre la samba de gafieira, la samba de couple sociale et élégante de Rio.
Ou encore d’apprendre la samba no pé, la danse solo emblématique du carnaval.
La coordination, le rebond et la musicalité ne sont pas des « dons » réservés à quelques-uns : ce sont des compétences qui se construisent. La condition physique aide, bien sûr, mais elle se développe aussi au fil de l’apprentissage. On commence par l’essentiel : entendre le tempo, stabiliser les appuis, comprendre l’énergie de la samba et installer un mouvement propre. Ensuite viennent la continuité, la qualité de rebond, la fluidité et, plus tard, l’expression et les variations. Cette progression permet à chacun d’avancer à son rythme, en consolidant les bases avant de complexifier.
Des qualités utiles… mais non obligatoires
Certaines aptitudes peuvent faciliter l’apprentissage de la samba sportive, mais aucune n’est indispensable pour commencer. Beaucoup de débutants pensent qu’il faut « avoir le rythme » ou être naturellement coordonné pour réussir. En réalité, ces qualités se développent au fil de la pratique et ne doivent jamais être un frein pour se lancer.
Le sens du rythme aide à trouver plus rapidement le tempo et les accents caractéristiques de la samba, mais l’oreille musicale s’éduque avec l’écoute et l’entraînement. La coordination, essentielle pour synchroniser pieds, hanches, buste et bras, peut sembler complexe au début, mais elle s’installe progressivement grâce aux exercices et à la répétition. La mémoire joue également un rôle pour retenir les pas et les enchaînements, cependant elle se renforce naturellement à mesure que l’on pratique. Plus que toute autre qualité, ce sont la motivation et la régularité qui font la différence. Venir aux cours, pratiquer souvent et garder le plaisir de danser permettent d’évoluer bien plus sûrement que n’importe quelle aptitude innée.
Posture et alignement en samba sportive
La samba sportive se distingue par une posture dynamique et vivante, qui constitue le socle de cette danse spectaculaire. Contrairement à certaines danses de salon où le buste reste relativement stable, la samba engage l’ensemble du corps dans un mouvement permanent. La posture n’est jamais figée : elle accompagne le rythme, le rebond et l’énergie caractéristique de la danse.
Le placement du buste est l’un des éléments les plus reconnaissables. En samba sportive, le haut du corps reste légèrement incliné vers l’arrière, créant une sensation d’ouverture et de fierté. Cette inclinaison ne doit jamais être rigide : le torse demeure libre de réagir aux actions des hanches et des jambes. Les épaules restent basses et détendues, tandis que la cage thoracique est soulevée, comme portée par un fil invisible. Ce placement donne à la danse son élégance et permet une respiration fluide, indispensable à l’endurance.
L’alignement général du corps repose sur une verticalité maîtrisée, malgré le mouvement constant. La tête est portée fièrement, le regard dirigé vers l’horizon, le menton parallèle au sol. Les épaules se placent au-dessus des hanches, qui elles-mêmes reposent sur des appuis précis dans le sol. Cet axe central stable permet de conserver équilibre et contrôle, même lors des rebonds rapides et des changements de direction.
La tonicité musculaire est un autre pilier de la posture. La samba de salon demande un corps actif mais jamais crispé. Il s’agit de trouver le juste équilibre entre engagement et souplesse :
• un tronc tonique pour soutenir le mouvement,
• des jambes dynamiques pour assurer propulsion et rebond,
• des bras vivants mais légers, qui prolongent naturellement l’énergie du corps.
Cette tonicité contrôlée crée le célèbre bounce action de la samba : ce rebond élastique, joyeux et rythmé, qui donne à la danse sa signature visuelle. Enfin, tout part du centre du corps. La ceinture abdominale agit comme un moteur interne d’où naissent les actions de hanches, la stabilité et la transmission d’énergie vers le reste du corps. Un centre engagé permet :
• de maintenir l’équilibre,
• de produire un mouvement fluide et puissant,
• de conserver une connexion claire avec le partenaire,
• d’exécuter les figures avec précision.
Lorsque ce centre devient actif et naturel, les mouvements gagnent en fluidité, en expressivité et en authenticité. La posture ne devient plus une contrainte technique, mais le point de départ d’une samba vivante, énergique et pleinement incarnée.
Danser la samba en couple
La samba, malgré son énergie débordante et sa vivacité, repose sur une connexion fine et sophistiquée entre les partenaires. Cette connexion transforme deux danseurs en une seule unité cohérente, capable de traverser les figures complexes et les rythmes rapides de la samba avec fluidité. Derrière l’apparente explosion d’énergie se cache en réalité une grande écoute mutuelle et une sensibilité constante.
La conduite (lead & follow) fonctionne comme un dialogue corporel permanent. Le guideur propose des directions et des intentions de mouvement à travers son propre corps, tandis que le suiveur perçoit, interprète et répond à ces indications. Suivre ne signifie jamais subir : chaque partenaire conserve sa propre énergie, son équilibre et sa musicalité. La conduite en samba doit être à la fois claire et douce, suffisamment précise pour être comprise dans la vitesse du mouvement, mais jamais forcée. Les indications passent principalement par le centre du corps, le cadre des bras et la gestion de la tension musculaire partagée. La connexion physique s’organise autour de plusieurs points de contact qui créent un véritable réseau de communication :
• la main du guideur placée sur l’omoplate du partenaire,
• les mains reliées dans un cadre haut et élégant,
• la main du suiveur posée sur le bras du guideur,
• la proximité contrôlée des bustes dans certaines positions.
Ces points de contact ne sont ni mous ni rigides : ils maintiennent une tension élastique, comparable à un ressort souple, qui permet de transmettre instantanément les intentions de mouvement. Cet ensemble forme le cadre (frame), structure à la fois stable et vivante, indispensable à la fluidité du couple.
Au-delà du contact, la samba repose sur une communication non verbale permanente. Chaque transfert de poids, chaque variation de tonicité, chaque orientation du regard envoie une information au partenaire. Progressivement, les danseurs développent une perception fine des intentions de l’autre, souvent avant même qu’elles ne soient pleinement exprimées. Cette communication s’appuie aussi sur une écoute musicale commune. Lorsque les deux partenaires respirent le même rythme, partagent les accents et les respirations de la musique, leurs mouvements s’accordent naturellement. La connexion devient alors plus qu’un outil technique : elle crée la complicité, la confiance et le plaisir de danser ensemble.
La danse et la ligne de déplacement
La samba ne se danse jamais seul dans un espace vide. Elle se pratique sur une piste partagée avec d’autres couples, ce qui demande une véritable conscience spatiale. Savoir se déplacer harmonieusement sur la piste est aussi important que maîtriser les pas eux-mêmes : cela garantit la sécurité, la fluidité de la danse et le plaisir collectif.
Comme dans toutes les danses de salon, la circulation suit un principe fondamental : la ligne de danse, qui progresse dans le sens antihoraire autour de la piste. On peut l’imaginer comme une piste d’athlétisme où tous les couples avancent dans la même direction. En samba, cette progression est parfois interrompue par des rotations, des rebonds ou des figures plus stationnaires, mais l’intention générale reste toujours d’avancer dans ce sens circulaire. Naturellement, plusieurs « voies » se créent :
• la périphérie de la piste, utilisée par les couples qui se déplacent amplement,
• les zones intermédiaires pour une progression modérée,
• le centre, souvent occupé par des figures plus compactes.
La gestion des directions repose principalement sur le guideur. Il doit maintenir une vision périphérique, anticiper les espaces libres et adapter instantanément ses choix de figures. La samba offre une grande flexibilité : presque chaque mouvement peut être raccourci, transformé ou rendu plus compact selon la situation. Le suiveur participe aussi à cette vigilance, notamment dans les déplacements vers l’arrière ou sur les côtés. Le respect des autres couples fait partie intégrante de l’étiquette de la piste. Cela implique :
• éviter les collisions,
• s’excuser brièvement en cas de contact accidentel,
• ne pas s’arrêter brusquement au milieu de la piste,
• adapter l’amplitude de ses mouvements à l’espace disponible.
Cette attention collective crée un environnement fluide où chacun peut danser librement sans gêner les autres.
Avec l’expérience, les danseurs apprennent à utiliser l’espace de manière stratégique :
• exploiter les coins pour les changements de direction,
• profiter des lignes droites pour voyager,
• utiliser le centre pour des figures plus compactes.
Enfin, une compétence essentielle est la capacité d’adaptation. Une petite piste de bal social demande une samba plus contenue, tandis qu’un grand parquet de compétition autorise des déplacements amples et spectaculaires. Savoir ajuster sa danse à l’espace sans perdre l’énergie et le caractère de la samba est une véritable marque de maturité.
Les fondations du mouvement en samba
Les actions de pieds spécifiques à la samba
En samba, tout commence par les pieds. Ils constituent le point de contact direct avec le sol et sont le véritable point de départ de chaque mouvement. Avant même que les hanches ne s’animent ou que le buste ne s’exprime, ce sont les pieds qui initient l’énergie. Leur travail précis crée la base du rebond, du rythme et de la dynamique générale de la danse. Sans une action de pieds correcte, la samba perd son caractère vivant et son élasticité naturelle.
Les pieds ne servent donc pas seulement à se déplacer. Ils génèrent le rebond et le rythme, transmettant l’impulsion aux genoux, puis aux hanches et enfin au reste du corps. Cette chaîne d’énergie fait des pieds le lien essentiel entre le sol et l’expression corporelle. Plus le contact avec le sol est conscient et contrôlé, plus le mouvement global devient fluide et harmonieux.
Deux actions fondamentales structurent le travail des pieds en samba.
La première est le ball-flat. Le pied entre d’abord en contact avec la plante, puis le talon s’abaisse légèrement pour terminer à plat. Cette action s’accompagne d’une flexion et d’une extension du genou, créant une impulsion élastique qui nourrit le rebond caractéristique de la samba. La seconde est l’action flat, où le pied se pose directement à plat. Elle est utilisée dans certaines figures plus stationnaires ou lors de changements de direction, tout en conservant une qualité de pied active et prête à repartir.
Le timing de ces actions est étroitement lié à la musique. En samba, le contact de la plante du pied se fait généralement sur le temps fort, tandis que l’abaissement du talon accompagne la suite du rythme. Cette précision crée la pulsation visuelle et musicale de la danse. Les pieds deviennent ainsi une véritable traduction physique de la structure rythmique, jouant entre temps forts et contretemps. Le transfert de poids complète ce travail. Chaque changement d’appui doit être clair, précis et assumé. Un transfert de poids maîtrisé garantit :
• la stabilité du corps,
• la continuité du rebond,
• la fluidité des enchaînements.
Lorsque le poids circule naturellement d’un pied à l’autre, la danse gagne en légèreté et en contrôle. Le corps semble alors porté par le rythme plutôt que de lutter contre lui.
Mouvements des hanches
Un mouvement naturel, pas forcé
Le mouvement de hanches en samba est souvent ce qui impressionne le plus… et ce qui inquiète le plus les débutants. Beaucoup pensent qu’il faut « bouger les hanches volontairement » pour danser la samba. En réalité, c’est l’une des erreurs les plus courantes. En samba sportive, les hanches ne se manipulent pas directement : elles répondent au mouvement du corps.
Le secret réside dans le transfert de poids. À chaque changement d’appui d’un pied sur l’autre, le bassin s’ajuste naturellement pour maintenir l’équilibre. Cette bascule automatique crée l’oscillation rythmique caractéristique de la samba. Lorsque le poids passe sur une jambe, cette jambe devient le pilier de support, tandis que l’autre reste libre, ce qui entraîne une légère élévation puis un relâchement de la hanche correspondante. Ce phénomène est purement mécanique : il naît du déplacement du centre de gravité, pas d’un effort volontaire pour « faire bouger » le bassin.
Le travail des pieds et des genoux est donc déterminant. L’action ball-flat des pieds et la flexion-extension continue des genoux génèrent une impulsion verticale et latérale qui se transmet naturellement aux hanches. Si les pieds restent actifs et que les genoux demeurent souples, les hanches entrent en mouvement sans contrainte. À l’inverse, des jambes rigides ou des appuis mal placés bloquent immédiatement l’oscillation du bassin.
La bascule du bassin (tilt)
Au cœur du mouvement de hanches en samba se trouve la bascule du bassin, souvent appelée tilt. C’est elle qui donne à la samba son balancement fluide et rythmé, reconnaissable entre toutes les danses de salon. Cette action n’est ni décorative ni volontaire : elle est le résultat direct de la manière dont le corps gère ses appuis.
La bascule du bassin repose sur une inclinaison latérale subtile. Lorsque le poids du corps se place sur une jambe, le bassin s’incline légèrement de ce côté pour maintenir l’équilibre. Cette inclinaison reste discrète, contrôlée et toujours intégrée à la verticalité générale du corps. Elle ne casse jamais la posture, mais l’anime de l’intérieur. On distingue alors deux rôles complémentaires :
• La hanche de support : celle du côté de la jambe qui porte le poids du corps. Elle est stable, ancrée et légèrement plus haute.
• La hanche libre : celle du côté de la jambe dégagée. Elle est relâchée, disponible et descend naturellement.
À chaque transfert de poids, ces rôles s’inversent. Le bassin oscille ainsi d’un côté à l’autre, créant une oscillation rythmique continue. Cette alternance donne au mouvement sa fluidité et son caractère dansant, sans qu’il soit nécessaire de forcer quoi que ce soit. Lorsque cette bascule est bien intégrée, elle s’accorde parfaitement au rebond de la samba et à la musicalité. Le corps semble alors animé par une pulsation interne, légère et naturelle. C’est cette oscillation maîtrisée qui apporte à la samba son élégance, sa sensualité discrète et sa vitalité irrésistible.
La rotation subtile
En samba, le mouvement de hanches ne se limite pas à une simple oscillation latérale. Il comporte également une rotation subtile du bassin, une légère action avant et arrière qui enrichit le mouvement et lui donne toute sa profondeur. Ce détail technique, souvent imperceptible pour un œil non averti, fait pourtant toute la différence entre une samba mécanique et une samba vivante.
Cette rotation naît naturellement du transfert de poids et de l’orientation des jambes. Lorsque le poids passe sur une jambe, le bassin ne fait pas que s’incliner : il effectue aussi une infime rotation, comme s’il accompagnait la direction du pas suivant. La hanche libre se place très légèrement vers l’avant, tandis que la hanche de support se positionne un peu en arrière. À chaque changement d’appui, ce schéma s’inverse, créant une dynamique tridimensionnelle du bassin.
Ce mouvement avant-arrière apporte une profondeur au déplacement. Il évite que la samba paraisse plate ou uniquement latérale. Le corps semble alors respirer dans l’espace, avec une qualité organique et sensuelle, tout en restant parfaitement maîtrisé et élégant.
L’intensité de cette rotation varie selon les figures dansées.
Dans des déplacements progressifs, elle accompagne naturellement l’avancée du couple.
Dans des figures sur place, elle devient plus discrète mais reste présente pour maintenir la continuité du mouvement.
Dans certaines rotations ou voltas, elle s’amplifie légèrement pour soutenir la direction et l’équilibre.
Comme pour la bascule latérale, cette rotation ne doit jamais être forcée. Elle découle d’un bon usage des appuis, des genoux et du centre du corps. Lorsqu’elle est bien intégrée, elle donne à la samba une dimension fluide, riche et expressive, un mouvement qui ne se contente pas d’occuper l’espace, mais qui le fait vibrer.
Le travail des genoux
Le travail des genoux représente le mécanisme central qui relie le travail des pieds au mouvement des hanches et crée le bounce caractéristique de la samba. Si les pieds constituent le point de contact avec le sol et initient le mouvement, ce sont véritablement les genoux qui transforment cette impulsion initiale en l’énergie dynamique qui traverse tout le corps. Les genoux en samba sont constamment actifs, alternant entre flexion et extension dans un rythme rapide et continu qui ne connaît aucune pause. Cette activité perpétuelle fait des genoux les véritables moteurs de la samba, et leur maîtrise technique constitue une étape cruciale dans le développement de tout danseur de samba.
L’action de rebond (bounce action)
L’action de rebond (bounce action) est l’essence même de la samba, l’élément qui unit tous les autres aspects techniques en une expression cohérente et vivante. Le bounce n’est pas un simple sautillement vertical, mais plutôt une pulsation rythmique qui traverse tout le corps de bas en haut. Cette action constitue la signature technique de la samba et la distingue radicalement de toutes les autres danses de salon.
Les deux types de bounce en samba
La samba utilise deux actions de rebond distinctes, chacune adaptée à des figures spécifiques :
Le Bounce Action (rebond vertical)
• Mouvement vertical modéré et continu du corps
• Utilisé dans la majorité des figures de samba (walks, whisks, botafogos, promenades)
• Le corps monte et descend de manière relativement uniforme
• L’amplitude verticale reste modérée, environ 5-8 cm de variation de hauteur
• Crée une sensation d’énergie ascendante constante
• Le poids du corps reste majoritairement centré sur l’axe vertical
Le Pendulum Action (action de pendule)
• Mouvement plus ample impliquant un balancement latéral prononcé
• Utilisé spécifiquement dans les voltas (travelling voltas, stationary voltas, circular voltas)
• Le corps bascule d’un côté à l’autre comme un pendule
• L’abaissement du centre de gravité est plus marqué (jusqu’à 10-15 cm)
• Crée un mouvement circulaire autour de l’axe vertical
• Le poids se déplace de manière plus prononcée d’un pied à l’autre
Le rythme et la musicalité
Structure musicale de la samba
Pour bien danser la samba, il est essentiel de comprendre comment sa musique est construite. La samba est une danse profondément rythmique : c’est la structure musicale qui guide le rebond, le timing des pas et l’énergie générale du mouvement. Même sans connaissances en solfège, saisir quelques principes simples permet d’améliorer immédiatement sa musicalité.
La samba est écrite dans une mesure à 2/4, c’est-à-dire que chaque mesure contient deux temps principaux. On peut les compter simplement : 1 – 2, 1 – 2… Ces deux temps constituent la base stable sur laquelle s’organisent les pas. Le premier temps est généralement plus accentué, donnant un point d’ancrage clair pour le transfert de poids et le début des actions de pieds. Le deuxième temps, plus léger, permet la relance du mouvement et prépare la mesure suivante. À l’intérieur de cette mesure, on distingue des temps forts et des temps faibles.
• Le temps fort (souvent le « 1 ») sert de repère principal : il correspond au moment où le pied prend appui et où le corps s’ancre dans le sol.
• Le temps faible (le « 2 ») accompagne la continuation du mouvement, le rebond et la préparation de l’appui suivant.
Mais ce qui rend la samba unique, ce sont ses syncopes caractéristiques. La musique ne se contente pas de marquer les temps principaux : elle joue constamment avec des accents intermédiaires, placés entre les temps. Ces syncopes créent une sensation de rythme « décalé », vivant et entraînant. C’est ce jeu rythmique qui donne à la samba son énergie festive et son irrésistible pulsation. Pour le danseur, cela signifie que le mouvement ne se pose pas uniquement sur les temps principaux, mais qu’il respire entre les temps, suivant les accents de la percussion. Le rebond de la samba s’aligne précisément avec cette structure syncopée : il descend sur certains accents et remonte entre eux, créant la signature visuelle de la danse.
Le comptage et les rythmes en samba
En samba, le comptage est l’outil fondamental qui permet de relier la musique au mouvement. Il aide à structurer les pas, à comprendre le rythme et à synchroniser le rebond avec la pulsation musicale. Même si, avec l’expérience, le danseur se fie davantage à l’écoute intuitive qu’au comptage mental, celui-ci reste indispensable pour apprendre et affiner sa technique.
La samba se danse sur une mesure à 2/4, que l’on compte le plus souvent : 1 – 2, 1 – 2… Ces deux temps forment la base stable de la danse. Le temps 1 est généralement plus accentué et sert de repère principal pour les transferts de poids et l’ancrage du mouvement. Le temps 2 prolonge l’action et prépare la relance suivante.
Pour traduire plus finement le rythme de la samba, on utilise souvent un comptage élargi : 1 – et – 2. Le « et » représente un demi-temps entre les deux temps principaux. Ce découpage permet d’intégrer les fameux quick-quick qui suivent souvent un temps plus posé. On retrouve ainsi le schéma rythmique caractéristique : slow (1) – quick (et) – quick (2). Le slow correspond à une action plus posée, souvent associée à un transfert de poids marqué et à une stabilisation du rebond. Les quick-quick suivent rapidement, créant une sensation d’élan et de relance. Ce contraste entre un temps plus étiré et deux temps rapides donne à la samba sa dynamique particulière : une alternance constante entre ancrage et légèreté.
Ce type de comptage permet de placer précisément les actions de pieds, coordonner le rebond, respecter les accents de la musique et synchroniser les partenaires.
Cependant, ce rythme de base n’est qu’un point de départ. La samba utilise de nombreuses variations rythmiques selon les figures. Selon les figures, le comptage peut s’étendre sur plusieurs mesures : 1-et-2 / 1-et-2 / 1-et-2… Certaines séquences occupent un temps entier, d’autres se répartissent sur plusieurs « et », d’autres encore accélèrent ou suspendent momentanément le mouvement. Des figures comme les voltas, les whisk ou les botafogos possèdent leurs propres signatures rythmiques, qui enrichissent la danse et évitent toute monotonie. Le danseur apprend progressivement à reconnaître ces schémas et à les intégrer naturellement dans sa musicalité.
La samba se distingue également par le dialogue entre rythme binaire et syncopes. Le cadre reste binaire (2/4), clair et stable, mais la percussion introduit sans cesse des accents entre les temps. Ces décalages rythmiques donnent l’impression que la musique « joue » avec le danseur. Celui-ci ne se contente plus de poser ses pas sur les temps principaux : il apprend à respirer entre les temps, à laisser le rebond suivre les contretemps et à épouser les accents imprévus. C’est ce jeu entre stabilité du cadre rythmique et diversité des figures qui rend la samba si vivante.
Avec la pratique, le comptage devient moins mental et plus instinctif. Le danseur n’a plus besoin de « compter dans sa tête » : il ressent la pulsation, reconnaît les accents et laisse son corps répondre naturellement à la musique. Le comptage n’est alors plus une contrainte, mais une passerelle vers une musicalité libre et expressive.
Les figures de base en samba sportive
Whisk
Le whisk est un mouvement latéral où le danseur effectue un pas de côté suivi d’un croisé derrière. Le guideur fait un pas latéral vers la gauche ou la droite, puis croise l’autre pied derrière en position ouverte. Le suiveur fait le miroir. Le mouvement utilise le rythme slow-quick-quick (1-et-2). Les hanches basculent naturellement d’un côté à l’autre. Les whisks s’enchaînent généralement en alternance droite-gauche, créant un déplacement latéral fluide caractéristique de la samba.
Samba Walks
Les samba walks sont des pas de marche avant ou arrière avec le bounce caractéristique de la samba. Chaque pas utilise l’action ball-flat : la plante du pied touche d’abord le sol, puis le talon descend. Le genou fléchit puis s’étend, créant le rebond. Les hanches oscillent naturellement à chaque pas. Le rythme est généralement régulier, un pas par temps (1-2-1-2). Les samba walks permettent au couple de progresser dynamiquement à travers la piste en maintenant le bounce continu et énergique.
Promenade
La promenade est une figure où les partenaires se positionnent côte à côte en position ouverte, regardant dans la même direction. Ils progressent ensemble vers l’avant avec des samba walks rapides et légers. Le guideur place le suiveur sur son côté droit, leurs bustes légèrement inclinés l’un vers l’autre. Le rythme est généralement quick-quick-quick (1-et-2) ou parfois slow-quick-quick. La figure crée une impression de course élégante et synchronisée, avec un bounce léger et une progression rapide sur la piste.
Botafogos
Les botafogos sont des mouvements en forme de « V » où le pied se déplace en diagonale avant puis revient. Le guideur fait un pas en diagonale avant avec le pied droit (slow), puis ramène le pied gauche (quick-quick), avant de répéter de l’autre côté. Les hanches effectuent une rotation marquée à chaque diagonal. Le suiveur fait le mouvement inverse en arrière. Le nom vient d’une plage de Rio de Janeiro. Cette figure peut aussi s’exécuter en shadow position.
Stationary Samba
La volta stationnaire est un pivot sur place où le danseur tourne autour de son axe vertical sans se déplacer. Le guideur pivote généralement vers la gauche en six temps (comptés 1-2-3-4-5-6), effectuant un tour complet sur 180° ou 360°. Le mouvement utilise le pendulum action avec un abaissement marqué du centre de gravité. Les pieds pivotent alternativement, créant une rotation fluide. Le suiveur peut faire un volta opposé ou maintenir sa position. C’est une figure emblématique de la samba.
Les figures avancées de samba sportive
Voltas et Travelling Voltas
Les voltas sont des pivots rotatifs utilisant le pendulum action. La volta stationnaire tourne sur place en six temps avec un mouvement de balancier prononcé. La travelling volta combine rotation et déplacement : le danseur pivote tout en progressant, créant une spirale dynamique. Le centre de gravité s’abaisse davantage que dans le bounce normal, créant un effet spectaculaire caractéristique de la samba avancée.
Cruzados Walks
Les cruzados walks sont des marches en position croisée où les partenaires se déplacent perpendiculairement. Le guideur avance tandis que le suiveur se déplace latéralement devant lui, ou inversement. La position des bustes reste connectée malgré la direction différente. Le rythme suit généralement slow-quick-quick. Cette figure crée un effet visuel de décalage contrôlé tout en maintenant la connexion.
Shadow Positions
Les shadow positions placent les partenaires côte à côte sans contact, comme deux ombres synchronisées. Ils exécutent les mêmes figures simultanément en miroir parfait. Cette configuration demande une synchronisation précise du timing et du bounce. Le guideur indique les changements par le langage corporel. Les shadow positions permettent des figures impossibles en position fermée, créant un effet spectaculaire de danse parallèle.
Corta Jaca
Le corta jaca est un mouvement des genoux et des hanches sans déplacement du poids. Les genoux fléchissent alternativement vers l’intérieur et l’extérieur, créant un mouvement des hanches en forme de huit horizontal. Le poids reste sur un pied tandis que l’autre effectue de petits tapotements rapides. Cette figure très brésilienne accentue le caractère festif et sensuel de la samba.
Roundabout
Le roundabout est une figure circulaire où le couple tourne ensemble autour d’un point central commun. Le guideur recule en cercle pendant que le suiveur avance, créant une rotation du couple entier. Les partenaires maintiennent leur connexion en position fermée tout en décrivant un grand cercle. Cette figure combine le bounce continu avec une trajectoire courbe, utilisant l’espace de manière spectaculaire.