Danseurs et danseuses de modern jazz
Jack Cole
Jack Cole (1911-1974), né John Ewing Richter dans le New Jersey, est considéré comme le père de la danse jazz théâtrale américaine. Après des études à l’Université Columbia qu’il abandonne en 1930, il rejoint l’école de danse Denishawn, marquant le début d’une carrière artistique exceptionnelle qui révolutionnera la danse aux États-Unis.
Sa formation éclectique reflète sa soif d’apprentissage : il étudie le ballet classique, le modern jazz, le flamenco et s’inspire des danses afro-américaines comme le Lindy Hop. Cette diversité influence profondément son style chorégraphique unique, mêlant techniques traditionnelles et modern jazz dans une approche qu’il qualifie de « danse folklorique urbaine ». Sa carrière se déploie sur trois scènes majeures : les boîtes de nuit new-yorkaises, Broadway et Hollywood. Dans les années 1930, il se produit notamment au Rainbow Room et à l’Embassy Club, développant un style distinctif qui fusionne traditions orientales et rythmes occidentaux. À Broadway, il chorégraphie plusieurs succès dont « Something for the Boys » (1943) et « Man of La Mancha » (1965). À Hollywood, Cole marque l’histoire du cinéma musical en collaborant avec les plus grandes stars. Il façonne notamment l’image de Marilyn Monroe, chorégraphiant son iconique « Diamonds Are a Girl’s Best Friend » dans « Les Hommes préfèrent les blondes ». Son style, caractérisé par des mouvements acrobatiques et angulaires, révolutionne la danse à l’écran. Pédagogue exigeant, il forme de nombreux danseurs à sa technique rigoureuse, dont Gwen Verdon et Carol Haney.
Bob Fosse
Bob Fosse (1927-1987), de son vrai nom Robert Louis Fosse, est un grand nom célèbre de la danse et du cinéma américain du XXe siècle. Né à Chicago, il a marqué l’histoire du modern jazz par son style unique et audacieux. Dès son plus jeune âge, Fosse se passionne pour la danse et commence à se produire professionnellement à l’âge de 13 ans dans des clubs de burlesque, une expérience qui influencera profondément son travail futur. Après avoir servi dans la marine pendant la Seconde Guerre mondiale, il s’installe à New York pour poursuivre une carrière dans le spectacle.
Fosse se fait d’abord remarquer comme danseur dans des comédies musicales à Broadway et au cinéma, notamment dans Kiss Me Kate (1953). Cependant, c’est en tant que chorégraphe et metteur en scène qu’il atteint une renommée internationale. Il révolutionne le modern jazz avec des mouvements distinctifs : épaules roulées, genoux rentrés, doigts gantés et chapeaux inclinés. Ses chorégraphies pour des comédies musicales comme The Pajama Game (1954), Damn Yankees (1955) et Sweet Charity (1966) lui valent de nombreux Tony Awards. Sa collaboration avec la danseuse Gwen Verdon, qu’il épouse en 1960, est particulièrement fructueuse. Ensemble, ils créent des œuvres mémorables, dont Chicago (1975), qui devient un classique. Fosse s’impose également au cinéma, remportant un Oscar pour la réalisation de Cabaret (1972), un film audacieux qui explore la décadence de l’Allemagne de Weimar. Son style visuel, marqué par des contrastes saisissants et des mouvements sensuels, influence durablement le monde de la danse et du cinéma. Fosse continue d’innover avec des films comme All That Jazz (1979), une œuvre semi-autobiographique qui explore les excès et les doutes d’un artiste. Ce film, couronné par la Palme d’Or à Cannes, incarne parfaitement son approche introspective et provocante.
Alvin Ailey
Alvin Ailey (1931-1989), né à Rogers au Texas, est une icône de la danse moderne du XXe siècle. Danseur, chorégraphe et visionnaire, il a profondément marqué l’histoire de la danse en mêlant modern jazz, traditions africaines et expériences personnelles. Élevé par sa mère dans le sud des États-Unis, il grandit en travaillant dans les champs de coton et en observant les rituels religieux, comme les baptêmes dans les rivières, qui inspireront plus tard certaines de ses œuvres les plus emblématiques. C’est après son déménagement à Los Angeles qu’il découvre la danse de concert, notamment grâce aux spectacles de la compagnie Katherine Dunham, qui éveillent sa passion.
Encouragé par son amie, la danseuse Carmen de Lavallade, Alvin Ailey se forme auprès de Lester Horton, fondateur de l’une des premières compagnies de danse intégrées racialement aux États-Unis. À la mort de Horton en 1953, Ailey reprend la direction de sa compagnie et commence à chorégraphier ses propres créations. En 1954, il s’installe à New York, où il se produit à Broadway et affine son style unique, mêlant modern jazz et récits puissants issus de la culture afro-américaine. En 1958, il fonde l’Alvin Ailey American Dance Theater, une compagnie dédiée à célébrer l’expérience afro-américaine tout en préservant l’héritage de la danse moderne. Son chef-d’œuvre Revelations, créé en 1960, devient une pièce incontournable, alliant émotion, spiritualité et technique. Ailey poursuit son engagement en fondant The Ailey School en 1969 et Ailey II en 1974, tout en promouvant l’éducation artistique à travers des programmes comme AileyCamp, destiné aux enfants. Collaborant avec des artistes de renom tels que Duke Ellington et Langston Hughes, Alvin Ailey a reçu de nombreuses distinctions, dont les Kennedy Center Honors en 1988. À sa mort le 1er décembre 1989, il laisse un héritage immense, tant par ses chorégraphies que par sa vision humaniste et inclusive.
Matt Mattox
Matt Mattox (1921-2013) de son vrai nom Harold Henry Mattox, est né à Tulsa dans l’Oklahoma. Dès l’âge de cinq ans, il découvre la danse à travers les claquettes, mais c’est à onze ans, après un déménagement en Californie, qu’il décide de s’y consacrer pleinement. Fasciné par les performances de Fred Astaire et Ginger Rogers au théâtre Fox Figueroa de Los Angeles, il y décroche son premier rôle dans un spectacle pour enfants. Sa formation s’enrichit auprès de grands noms comme Teddy Kerr pour les claquettes, et Ernst Belcher pour la danse classique. Mais c’est Jack Cole, chorégraphe de jazz renommé, qui deviendra son mentor et influencera profondément son style.
Après avoir servi comme pilote de chasse pendant la Seconde Guerre mondiale, Mattox entame une carrière cinématographique à Hollywood. Il se fait remarquer dans Yolanda and the Thief (1945) aux côtés de Fred Astaire, puis connaît un succès retentissant dans Seven Brides for Seven Brothers (1954), où ses performances athlétiques et sa rapidité éblouissent le public. De 1945 à 1965, il danse dans plus de vingt films, devenant un partenaire privilégié de stars comme Marilyn Monroe et Cyd Charisse. Matt Mattox révolutionne la danse jazz dès les années 1950 en y intégrant des éléments de claquettes, de danse classique et de modern jazz, créant ainsi un style unique et éclectique. Sa technique, qu’il nomme freestyle, est aujourd’hui considérée comme une référence dans le monde de la danse moderne jazz. Il développe une approche pédagogique novatrice, mêlant rigueur technique et liberté d’expression, qui influencera des générations de danseurs. Après une carrière florissante aux États-Unis, il s’installe en France dans les années 1970, où il fonde le Ballet Jazz Art avec Martine Limeul, sa future épouse. Ensemble, ils enseignent et forment des générations de danseurs, d’abord à Paris puis à Perpignan, où ils ouvrent une école de danse en 1980. Matt Mattox continue d’enseigner jusqu’en 2012, laissant derrière lui un héritage majeur dans l’univers de la danse moderne jazz.
Travis Wall
Travis Michael Wall, né le 16 septembre 1987, est un danseur, professeur et chorégraphe américain spécialisé dans les styles de danse contemporaine et de modern jazz. Il a acquis une renommée internationale en 2006 en participant à la deuxième saison de l’émission de télé-réalité So You Think You Can Dance. À partir de 2009, il est devenu chorégraphe pour l’émission, recevant des nominations aux Emmy Awards chaque année de 2011 à 2019, et remportant deux fois le trophée. En 2012, il a joué dans l’émission All The Right Moves sur Oxygen, où il a cofondé la compagnie de danse Shaping Sound avec Teddy Forance, Nick Lazzarini et Kyle Robinson.
Originaire de Virginia Beach en Virginie, Travis Wall a grandi dans un univers artistique grâce à sa mère, Denise Wall, propriétaire de l’école de danse Denise Wall’s Dance Energy. Elle se souvient l’avoir placé dans un trotteur alors qu’il imitait déjà les mouvements des danseurs. Il commence la danse à l’âge de trois ans dans le studio de sa mère et participe à de nombreuses compétitions. Sa carrière professionnelle débute à neuf ans avec une publicité pour Dr. Pepper. En 1999, il remporte le prix Junior National Outstanding Dancer Scholarship. À douze ans, il intègre la comédie musicale The Music Man à Broadway, où il joue pendant deux ans. En 2006, Travis Wall participe à So You Think You Can Dance, atteignant la finale et se classant deuxième. Les juges le considèrent comme l’un des danseurs les plus talentueux de l’histoire de l’émission. Il se distingue notamment dans la chorégraphie The Bench de Mia Michaels, qui remporte un Emmy. Après l’émission, il parcourt les États-Unis avec les autres finalistes et revient en 2008 en tant que chorégraphe. En 2009, il réinterprète The Bench lors du 100e épisode de So You Think You Can Dance, confirmant son statut de figure majeure du modern jazz et de la danse contemporaine.
Meia piga
Mae Piga, née le 17 avril 1986 à Saint-Étienne, est une danseuse et chorégraphe française de renommée internationale. Fille de Françoise et Alain Piga, professeurs de danse, elle baigne dans cet univers dès son plus jeune âge. Sa formation débute aux États-Unis, où ses parents ont étudié, lui permettant de participer à de prestigieuses compétitions américaines.
Sa carrière est marquée par des succès retentissants. Elle accumule plus d’une centaine de victoires aux États-Unis et en Europe, dont sept titres de championne du monde et quatre de championne d’Europe en danse moderne jazz, danse show et danse contemporaine. Sa première grande victoire internationale survient en 2005 aux Championnats du Monde de Jazz d’Orlando, marquant le début d’une série impressionnante de titres. Malgré ses succès, Mae Piga continue de se perfectionner, notamment au célèbre Broadway Dance Center de New York. En 2008, elle participe à l’émission « So You Think You Can Dance » en Grèce et au Royaume-Uni, élargissant ainsi son expérience scénique. Sa polyvalence est remarquable. Bien que spécialisée en danse moderne, jazz, show et contemporaine, elle excelle également en lyrical, comédie, classique, hip-hop, claquettes et danses de salon. Cette versatilité lui permet de se produire et d’enseigner dans le monde entier, du Japon aux États-Unis en passant par l’Europe. En septembre 2022, Mae Piga ouvre sa propre école de danse, le Mae Piga Dance Project, au château de Valbois à L’Étrat, près de Saint-Étienne. Ce projet ambitieux vise à développer et promouvoir un nouveau style de jazz en France, s’inspirant de ses expériences internationales.
Mia michaels
Mia Michaels, née le 22 février 1966 à Coconut Grove en Floride, est une chorégraphe américaine de renom. Issue d’une famille de danseurs, elle a été initiée à la danse dès l’âge de trois ans par son père, Joe Michaels, qui lui a enseigné le jazz, les claquettes et le ballet au Miami Dance Center. Sa sœur Dana lui a appris la danse contemporaine, tandis que son frère Joe Melchiona dirigeait une école de danse à Miami.
Michaels s’est forgé une réputation internationale grâce à son travail innovant et sa participation à l’émission « So You Think You Can Dance » en tant que juge et chorégraphe. Elle y a remporté trois Emmy Awards pour ses chorégraphies exceptionnelles, notamment pour « Calling You » lors de la deuxième saison. Au cours de sa carrière, Michaels a collaboré avec des artistes de renom tels que Madonna, Céline Dion, Prince et Ricky Martin. En 2005, elle a chorégraphié le spectacle « Delirium » du Cirque du Soleil et « A New Day » de Céline Dion à Las Vegas, qui ont tous deux reçu des critiques élogieuses.
Michaels a également laissé son empreinte dans le monde du cinéma et de la télévision. Elle a chorégraphié pour le film « Rock of Ages » en 2012 et la comédie musicale de Broadway « Finding Neverland » en 2015. En 2016, elle a travaillé sur le « New York Christmas Spectacular » mettant en vedette les Rockettes. En plus de son travail de chorégraphe, Michaels a fondé sa propre compagnie de danse, RAW (Reality at Work), en 1997. Elle a enseigné le modern jazz dans des institutions prestigieuses comme l’école Ailey et le Broadway Dance Center à New York. Reconnue pour son style unique, qualifié de contemporain ou de fusion de mouvements, Michaels puise son inspiration dans ses expériences personnelles pour créer des chorégraphies émotionnellement puissantes et narratives.
Géraldine Armstrong
Danseuse et chorégraphe d’exception, Géraldine Armstrong trace un parcours remarquable dans l’univers de la danse depuis les années 1960. Née dans l’archipel de la Grenade, elle s’envole pour Londres en 1967 où elle se forme en danse classique et modern jazz sous l’égide du maître Matt Mattox. Son talent l’amène à rejoindre la compagnie Jazz Art à Paris en 1975, où elle est rapidement repérée par Line Renaud qui lui offre un rôle de soliste dans son spectacle Paris Line.
Sa carrière s’épanouit à travers de nombreuses collaborations prestigieuses, notamment avec Les Ballets Jazz Rick Odums et la Compagnie Off Jazz de Gianin Loringett. En 1988, elle franchit une nouvelle étape en fondant sa propre compagnie, qui reçoit le soutien du Conseil Général de l’Essonne pour sa création Mama Kinte Blues. Son engagement artistique se manifeste particulièrement dans le projet Danse et Résistance, où elle collabore en 2008 avec Donald McKayle au Centre National de la Danse, puis lance le Black Dance Project l’année suivante. Passionnée par la transmission du modern jazz et l’héritage de la danse afro-américaine, elle participe à la reprise d’œuvres majeures comme Hex et Roots d’Eleo Pomare, ou encore Rainbow Round My Shoulder de Donald McKayle. Son talent de chorégraphe s’exprime internationalement, créant des pièces pour des compagnies prestigieuses de Paris à Moscou, en passant par la Martinique et la Norvège. Aujourd’hui, Géraldine Armstrong poursuit son engagement pédagogique au Centre National de la Danse, participant à la formation au Diplôme d’État et au DNSPD. Elle continue de partager son expertise à l’Institut de Formation Professionnelle Rick Odums, transmettant ainsi son art aux nouvelles générations de danseurs.