Les meilleurs danseurs et danseuses de tango

Le tango s’est construit à travers le talent, la personnalité et l’audace de danseurs de tango connus qui ont marqué durablement l’histoire de cette danse de salon emblématique. Des bals populaires de Buenos Aires aux plus grandes scènes internationales, ces artistes sont devenus les meilleurs danseurs de tango, reconnus pour leur style, leur musicalité et leur capacité à transmettre l’émotion du tango. Cette page rend hommage aux grands danseurs de tango et aux danseuses de tango célèbres qui ont façonné l’évolution du tango, des pionniers du début du XXᵉ siècle aux figures majeures du tango moderne et contemporain.

Ovidio BianquetOvidio Bianquet

Ovidio José Bianquet (1885-1942), surnommé « El Cachafaz », était un danseur de tango argentin légendaire. Né à Buenos Aires, il a marqué l’histoire de cette danse par son talent exceptionnel et son style unique. Dès son plus jeune âge, Bianquet se distinguait par son agilité corporelle. Il a commencé à danser dans la rue sur la musique d’un orgue de Barbarie à l’âge de 11 ans, apprenant le tango de manière autodidacte. Sa carrière a véritablement décollé en 1911 lorsqu’il a remporté un concours de tango face à des figures renommées de l’époque.

Son surnom « El Cachafaz », signifiant « coquin, effronté », reflétait sa réputation de jeunesse, notamment due à ses relations avec les femmes. Physiquement, il n’était pas particulièrement beau, mais il dégageait un charisme qui attirait les femmes et créait une empathie avec les hommes. Bianquet a voyagé aux États-Unis en 1911 et à son retour deux ans plus tard, il a ouvert une école de danse. Sa carrière l’a également mené à Paris en 1919, où il a donné des leçons à la haute société et s’est produit dans des lieux prestigieux. En tant que danseur, El Cachafaz était réputé pour son élégance, son timing unique et sa créativité dans les pas et les figures. Il a participé à 14 films, dont « Tango » en 1933, où il apparaît aux côtés de sa partenaire de danse, Carmencita Calderón.
Tout au long de sa carrière, Bianquet a eu plusieurs partenaires de danse, dont Emma Bóveda, Elsa O’Connor et Isabel San Miguel. Sa collaboration la plus célèbre fut avec Carmencita Calderón, qui dura de 1933 jusqu’à sa mort. El Cachafaz est décédé à Mar del Plata, juste après sa dernière performance au Rancho Grande. En hommage à sa contribution exceptionnelle au tango, le 7 février a été institué comme la Journée du Danseur de Tango en Argentine. L’héritage d’Ovidio José Bianquet perdure dans l’histoire du tango. Il est considéré comme l’un des plus grands danseurs de tous les temps, ayant contribué à moderniser et à populariser cette danse emblématique de l’Argentine.

Casimiro AínCasimiro Aín

Casimiro Aín (1882-1940), né à Buenos Aires, fut un danseur de tango argentin pionnier et influent. Fils d’un laitier basque et d’une mère italienne, il grandit dans le quartier de La Piedad, aujourd’hui San Nicolás. Dès son plus jeune âge, Casimiro montra une passion pour la danse, s’exerçant au son des orgues de barbarie dans les rues.

À 14 ans, il intégra la troupe du cirque Frank Brown, marquant le début de sa carrière de danseur professionnel. En 1901, poussé par son ambition, Aín partit pour l’Europe où il se produisit dans divers bars et cabarets, introduisant le « tango criollo » au public européen. De retour à Buenos Aires en 1904, Aín perfectionna son art du tango. Il se produisit au Théâtre Opéra avec sa femme Marta et participa aux célébrations du centenaire de l’indépendance argentine en 1910. En 1913, accompagné d’un trio de musiciens, il repartit pour l’Europe, s’installant à Paris où il connut un grand succès dans les cabarets de Montmartre. La carrière d’Aín atteignit son apogée en 1920 lorsqu’il remporta le Championnat du monde de danses modernes à Paris, lui valant le titre de « roi du tango ». Sa renommée le conduisit à se produire dans toute l’Europe et même à danser devant le Pape Pie XI en 1924 pour démontrer que le tango n’était pas une danse immorale.

Aín rentra définitivement en Argentine en 1930, où il continua à se produire pendant quelques années. Malheureusement, sa carrière fut brutalement interrompue lorsqu’il dut subir l’amputation d’une jambe suite à une gangrène. Il décéda le 17 octobre 1940, laissant derrière lui un héritage durable dans l’histoire du tango. Casimiro Aín reste dans les mémoires comme un danseur audacieux et innovant, qui contribua grandement à la popularisation du tango en Europe et dans le monde entier. Son style unique et sa personnalité charismatique ont marqué l’évolution de cette danse emblématique de l’Argentine.

Carlos GavitoCarlos Gavito

Carlos Eduardo Gavito (1942-2005), né à Avellaneda dans la banlieue de Buenos Aires, était un danseur de tango argentin renommé qui a laissé une empreinte indélébile dans le monde du tango. Dès son plus jeune âge, Gavito a été immergé dans la culture vibrante du tango, qui allait plus tard définir sa carrière.

Gavito a commencé sa carrière professionnelle en 1965, à une époque où le tango connaissait une transformation significative. Il a débuté en travaillant dans des cabarets à l’âge de 17 ans et a dansé pour l’orchestre de Miguel Caló en 1964. Sa carrière l’a rapidement amené à voyager à travers le monde, notamment en Asie, en Afrique et en Europe avec son propre spectacle, « Fiesta Argentina ». La renommée internationale de Gavito s’est consolidée grâce à sa collaboration avec d’autres figures éminentes du tango et sa participation à des spectacles majeurs. En 1990, il a intégré le spectacle « Forever Tango » de Luis Bravo, qui a joué un rôle crucial dans le renouveau du tango. Ce spectacle a connu un grand succès à Broadway et a tourné dans de nombreuses villes américaines, suscitant un intérêt accru pour l’apprentissage du tango.

Le style de Gavito était reconnaissable par son minimalisme expressif et son approche émotionnelle profonde. Il mettait l’accent sur la connexion intime entre les partenaires et la qualité de chaque mouvement plutôt que sur la quantité de pas. Sa philosophie du tango était centrée sur l’importance de l’étreinte, ou « abrazo », et sur la capacité à attendre patiemment la musique. En plus de ses performances, Gavito était un enseignant dévoué qui a partagé ses connaissances à travers des ateliers et des séminaires dans le monde entier. Il parlait couramment l’anglais, l’italien, le français et le portugais, et pouvait se faire comprendre en allemand, russe et japonais.

Juan Carlos CopesJuan Carlos Copes

Juan Carlos Copes (1931-2021), né à Mataderos, Buenos Aires, était un danseur, chorégraphe et interprète de tango argentin de renommée mondiale. Il a commencé à danser très jeune dans les milongas de Buenos Aires, et c’est à l’âge de 17 ans qu’il a pris pour partenaire María Nieves, alors âgée de 14 ans. Leur collaboration artistique et leur relation personnelle allaient marquer l’histoire du tango.

Copes et Nieves se sont rapidement imposés comme des figures emblématiques du tango, participant à leur première compétition de danse en 1955 au Luna Park Stadium. Leur talent et leur passion pour la danse les ont conduits à se produire professionnellement avec l’orchestre de Francisco Canaro la même année. Leur partenariat, tant sur scène qu’à la ville, a été officialisé par un mariage à Las Vegas en 1964, bien que leur union ait pris fin en 1973. Malgré leur séparation, ils ont continué à danser ensemble, leur relation tumultueuse nourrissant paradoxalement leur art. Au fil des décennies, ils ont été surnommés les « Fred Astaire et Ginger Rogers du tango ». Dans les années 1960, Copes a joué un rôle crucial dans la création du concept de spectacle de tango moderne à Buenos Aires. Avec Nieves, il a brillé dans une production à l’Alvin Theatre de Broadway en 1962 et a fait de nombreuses apparitions dans The Ed Sullivan Show entre 1962 et 1964. Leur spectacle emblématique, « Tango Argentino », a été créé à Paris en 1983 avant de conquérir Broadway en 1985 et d’y être repris en 1999. Copes a également dansé dans des institutions prestigieuses telles que la Juilliard School, l’Université de Stanford, l’Université de Chicago et la Sorbonne.

Copes a été un acteur clé de la renaissance du tango après 1970, particulièrement en Argentine, où le retour de la démocratie en 1983 a ravivé l’intérêt pour cette danse. Il a enseigné son style unique, connu sous le nom de « estilo Copes-Nieves », à de nombreux danseurs, parmi lesquels des célébrités comme Robert Duvall, Julio Bocca, Eleonora Cassano, Mikhail Baryshnikov et Liza Minnelli. Il a également formé des instructeurs de danse des studios Fred Astaire.
En 1976, Copes a eu une fille, Johana, avec sa seconde épouse, Myriam Albuernez. A partir de 1994, Johana est devenue sa partenaire de danse sur scène, perpétuant ainsi l’héritage familial. Copes a été le premier à créer des spectacles de tango chorégraphiés, marquant ainsi l’histoire de cette danse. Parmi ses œuvres notables, on compte la chorégraphie de « María de Buenos Aires » d’Ástor Piazzolla en 1968, ainsi que celles de « Tangos Para El Mundo », « Copes Tango Show », « Entre Borges y Piazzolla » et « Sentimiento de Tango ».
Au cinéma, Copes a collaboré à sept films, dont « Funes, un gran amor » de Raúl de la Torre en 1993, « Tango Baile Nuestro » avec Robert Duvall, et « Tango, la película » de Carlos Saura en 1998, où il a été le chorégraphe principal. Son influence et son héritage perdurent, faisant de lui un nom incontournable du tango argentin.

Pablo VerónPablo Verón

Pablo Verón, né le 17 octobre 1971, est un danseur, chorégraphe et acteur argentin considéré comme l’un des ambassadeurs les plus célèbres du tango. Reconnu comme une figure clé dans la modernisation et la popularité renouvelée de cette danse sensuelle de Buenos Aires, il a développé un style unique qui lui a valu le respect des danseurs de tous âges à travers le monde.

Sa carrière professionnelle a débuté en 1986 lorsqu’il a dansé dans plusieurs comédies musicales telles que « Evita », « Cabaret » et « Sweet Charity ». En 1988, il a fait ses premiers pas au cinéma en jouant dans le film « Cipayos » de Jorge Coscia. Cependant, c’est en 1997 que sa carrière cinématographique a véritablement décollé avec le film « La Leçon de tango » de Sally Potter, dans lequel il était à la fois acteur principal, danseur et chorégraphe. Pablo Verón a participé à d’innombrables spectacles de tango à travers le monde, notamment le légendaire et multi-primé « Tango Argentino ». Il a eu l’honneur de danser pour des personnalités prestigieuses, comme le président Bill Clinton à la Maison Blanche. Sa carrière cinématographique s’est poursuivie avec des rôles dans des films tels que « L’Homme qui pleurait », « Assassination Tango », « Upside Down » et « Notre dernier tango », où il a partagé l’écran avec des acteurs de renom comme Johnny Depp, Robert Duvall et Kirsten Dunst.

Son talent exceptionnel lui a valu de nombreuses distinctions, dont l’American Choreography Award, une bourse de la prestigieuse Fondation Guggenheim et une distinction spéciale du SADAIC (Société Argentine Des Auteurs et Compositeurs) pour la diffusion du répertoire national à l’étranger. La presse internationale a également salué ses performances, le journal parisien Libération le qualifiant de « meilleur danseur du monde » et le New York Times déclarant que « Pablo Verón a les pieds de Dieu ».
Au-delà de sa carrière de danseur et d’acteur, Pablo Verón a développé une méthodologie avancée d’enseignement du tango. Depuis plus de 30 ans, il partage sa passion et son expérience à travers des ateliers intensifs et des séminaires dans les principales villes du monde. Son approche du tango est profondément ancrée dans la tradition, tout en explorant de nouvelles esthétiques et en intégrant des éléments d’autres styles de danse qu’il a étudiés, comme les claquettes, le hip-hop et la danse contemporaine.

Mariano FrúmboliMariano Frúmboli

Mariano « Chicho » Frúmboli, né en septembre 1970 en Argentine, est considéré comme l’un des pionniers du tango nuevo, reconnu particulièrement pour sa musicalité et sa créativité dans l’improvisation. Fils d’un professeur de beaux-arts et guitariste, il commence son parcours artistique par la musique dès l’âge de 13 ans. À l’école de musique David Lebon de Buenos Aires, il étudie la batterie pendant 14 ans, tout en poursuivant parallèlement une formation théâtrale de huit ans avec Cristina Banegas.

Sa rencontre avec le tango en 1993 marque un tournant décisif dans sa vie. Ancien rockeur aux cheveux longs qui détestait le tango, il vit une révélation lors de son premier cours avec Ricardo Barrios et Victoria Vieyra. L’instant où il prend sa partenaire dans ses bras lui procure une émotion si intense qu’il décide de ne plus jamais arrêter la danse. Pour Frúmboli, l’essence même du tango réside dans l’abrazo (l’étreinte) et la connexion profonde avec le partenaire. Après ses débuts, il danse avec Victoria Vieyra puis Teté Rusconi, et rejoint le groupe d’entraînement de Gustavo Naveira et Fabián Salas. Entre 1994 et 1998, il perfectionne son style auprès de nombreux maîtres renommés. En octobre 1998, il part en Europe avec Victoria Vieyra, s’installant d’abord en France puis en Belgique, où il enseigne et promeut le tango nuevo.

Sa carrière professionnelle est marquée par plusieurs partenariats significatifs. Après avoir dansé brièvement avec Laura, il forme un duo avec Lucía Mazer de 1999 à 2003, période qu’il considère comme la plus créative de sa carrière. Il collabore ensuite avec Eugenia Parrilla de 2003 à 2006, années qu’il qualifie de plus « artistiques ». Depuis 2007, il danse avec Juana Sepúlveda, avec qui il se produit notamment au festival annuel Tango Element à Baltimore. Au fil de sa carrière, Frúmboli s’est produit avec de nombreux orchestres de tango traditionnels ainsi qu’avec des groupes de néotango comme Gotan Project, Tanghetto et Narcotango, démontrant sa capacité à conjuguer tradition et modernité dans son art.

Carmencita CalderónCarmencita Calderón

Carmencita Calderón (1905-2005), de son vrai nom Carmen Micaela Risso de Cancellieri, fut une danseuse de tango argentine emblématique. Née le 10 février 1905 dans une famille pauvre d’immigrants italiens à Villa Urquiza, Buenos Aires, elle connut une enfance difficile, perdant sa mère à l’âge de 13 ans.

C’est à cet âge qu’elle commença à danser sous la tutelle de son frère Eduardo. Sa carrière prit un tournant décisif en 1932 lorsqu’elle accompagna ses sœurs à une soirée dansante au Club Sin Rumbo. Elle y rencontra José Giambuzzi, dit Tarila, qui l’introduisit auprès d’El Cachafaz et de Carlos Gardel. Impressionné par son talent, El Cachafaz en fit sa partenaire de danse. Pendant dix ans, Carmencita et El Cachafaz formèrent un duo légendaire, créant un style unique de tango caractérisé par leurs « sentadas, corridas y cortes ». Ils firent leurs débuts avec l’Orchestre Pedro Maffia en 1933 et apparurent ensemble dans le film « ¡Tango! » la même année. Leur collaboration prit fin tragiquement en 1942 lorsqu’El Cachafaz mourut d’une crise cardiaque dans les bras de Carmencita lors d’une représentation à Mar del Plata. Malgré cette perte, Carmencita poursuivit sa carrière, dansant notamment au Palermo Palace avec l’Orchestre Ángel D’Agostino. Elle continua à se produire avec différents partenaires et fut honorée à plusieurs reprises pour sa contribution à la popularisation du tango et de la milonga.

Le point culminant de sa carrière fut sans doute sa performance pour son 100e anniversaire, où elle dansa avec Jorge Dispari. Sa vie, qui s’étendit sur un siècle, témoigne de l’évolution du tango argentin, dont elle fut l’une des figures les plus symboliques et respectées.

María Nieves RegoMaría Nieves Rego

María Nieves Rego, née en septembre 1934 à Buenos Aires, est une autre grande danseuse du tango argentin qui a marqué l’histoire de cette danse passionnée. Issue d’une famille modeste d’immigrants galiciens, elle a connu une enfance difficile dans le quartier de Saavedra. Après le décès de son père, elle a dû abandonner l’école en quatrième année pour travailler comme femme de ménage à La Boca. C’est sa sœur aînée, surnommée La Ñata, qui lui a fait découvrir l’univers envoûtant du tango.

Sa vie a basculé à l’âge de 14 ans lorsqu’elle a rencontré Juan Carlos Copes, alors âgé de 17 ans, qui est devenu son partenaire de danse et son amant. Ensemble, ils ont révolutionné le tango et la milonga, portant ces danses traditionnelles sur les scènes du monde entier. En 1956, ils ont créé une chorégraphie sur la musique d’Astor Piazzolla, marquant le début d’une collaboration artistique fructueuse. Leurs tournées les ont menés à travers l’Amérique centrale, le Venezuela, le Brésil, le Mexique et Cuba, avant une rencontre décisive avec Piazzolla à Mexico. Le trio a conquis le public américain, se produisant notamment à Puerto Rico au Club Flamboyan, puis à New York, Chicago et Washington. Leur apparition sur la chaîne CBS dans l’émission The Arthur Murray Party en avril 1960 a marqué leur dernière collaboration. Bien que Nieves et Copes se soient mariés à Las Vegas, leur union personnelle n’a pas perduré, mais leur partenariat artistique a continué pendant des décennies.

Les années 1980 ont vu naître leur plus grand succès, le spectacle musical « Tango Argentino ». L’immense popularité de ce spectacle a conduit à prolonger sa durée initiale d’une semaine et à le transférer dans un autre théâtre. En 1986, le spectacle a reçu trois nominations aux Tony Awards : meilleure comédie musicale, meilleur metteur en scène et meilleur chorégraphe.
Nieves et Copes ont continué à se produire ensemble, notamment dans « Tanguera » (2002), présenté à Buenos Aires, New York, Paris, Berlin, Tokyo et Londres. Nieves y incarnait le rôle de la tenancière de maison close, devenant une figure incontournable des productions de tango.
L’artiste explique simplement sa réussite, malgré l’absence de formation formelle : « La première fois que j’ai dansé le tango, il est entré dans ma peau par mes pieds, est passé de ma peau à mon sang et de mon sang à mon cœur. Pas besoin d’acrobaties, il suffit de se consacrer aux battements de son cœur. »

Mora GodoyMora Godoy

Mora Godoy, née en juin 1972 à La Plata en Argentine, est une danseuse, chorégraphe et entrepreneuse de renommée mondiale dans le domaine du tango argentin. Sa carrière illustre un parcours exceptionnel, alliant technique classique et expressivité unique du tango.

Formée à l’Institut Supérieur d’Art du Théâtre Colón de Buenos Aires, Godoy a d’abord excellé en danse classique. Elle a ensuite élargi son répertoire en intégrant le Modern Jazz Ballet comme soliste de 1990 à 1992, période durant laquelle elle a commencé à explorer le tango. Son talent s’est rapidement affirmé lorsqu’elle a rejoint la Compagnie Tango X2 en 1993, dirigée par Miguel Ángel Zotto. La carrière de Godoy a pris un tournant décisif en 1997 avec la création de son propre spectacle, « Tango Fatal », à San Francisco. Cette production a marqué le début de son ascension en tant que chorégraphe et directrice artistique. Son succès s’est confirmé avec « Tanguera » en 2001, une comédie musicale qui lui a valu le prix Clarín 2002 de la meilleure œuvre musicale et qui a été acclamée dans le monde entier.

Au fil des années, Godoy a multiplié les créations innovantes, telles que « Chantecler Tango » en 2012, saluée par la critique internationale. Sa notoriété a dépassé les frontières du tango traditionnel, comme en témoigne sa participation à l’émission « Bailando por un Sueño » en 2014.
L’année 2016 a été particulièrement marquante pour Godoy. Elle a eu l’honneur de danser avec le président américain Barack Obama lors de sa visite officielle en Argentine, et a réalisé une performance spectaculaire à 40 mètres de hauteur près de l’obélisque de Buenos Aires. Reconnue comme l’une des figures les plus importantes du tango contemporain, Mora Godoy continue d’innover et de promouvoir cet art à travers le monde. Sa participation à des événements prestigieux, comme la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de la Jeunesse en 2018 à Buenos Aires, témoigne de son statut d’ambassadrice du tango argentin sur la scène internationale.