DANSE : la kizomba

Née du semba en Angola dans les années 1980, la kizomba s’est enrichie au fil des échanges avec la culture musicale portugaise. La kizomba est une danse de couple sociale pratiquée sur des musiques d’Afrique et des Caraïbes, basée sur une marche lente et fluide, où la connexion et l’écoute de la musique sont centrales. La kizomba met l’accent sur les sensations et la musicalité, plutôt que la mise en scène ou la complexité des mouvements.
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La kizomba c’est quoi ?

La philosophie et l’esprit de la kizomba

La kizomba se distingue avant tout par une philosophie centrée sur la qualité du lien plutôt que sur la performance. Contrairement à certaines danses où l’objectif est d’enchaîner des figures spectaculaires ou de démontrer une virtuosité technique, la kizomba privilégie la qualité du lien entre les partenaires. Chaque danse devient un échange, une marche partagée guidée par la musique, où l’attention portée à l’autre est plus importante que l’exécution parfaite des mouvements. Cette approche repose sur des valeurs fondamentales telles que le respect, l’écoute et le consentement. Le guidage n’est pas une contrainte imposée, mais une proposition à laquelle le partenaire répond librement. La danse invite à une communication corporelle subtile, où chacun s’adapte au niveau, au confort et aux limites de l’autre. Cette attention mutuelle fait de la kizomba une danse profondément humaine, fondée sur la confiance et la bienveillance.

La kizomba est avant tout une danse sociale, ancrée dans le partage et l’instant présent. Elle se vit dans les soirées, les rencontres et les échanges, sans objectif de compétition ou de démonstration. Chaque danse est unique, influencée par la musique, l’ambiance et la relation qui se crée sur le moment. Danser la kizomba, c’est accepter de ralentir, de ressentir et de se laisser porter par l’instant, en laissant place à la simplicité et à l’authenticité.

La place de la kizomba parmi les danses de couple

La kizomba occupe une place singulière dans l’univers des danses de couple, à la croisée de plusieurs traditions culturelles et sociales. En Europe, elle est souvent classée parmi les danses latines, aux côtés de la salsa ou de la bachata, en raison de ses circuits de diffusion, de ses soirées et de ses festivals communs. Toutefois, cette classification relève davantage d’un cadre pratique que d’une réalité culturelle, car la kizomba ne partage pas les mêmes codes gestuels ni la même énergie que ces danses.

Sur le plan culturel, la kizomba s’inscrit pleinement dans l’héritage des danses afro. Elle puise ses racines en Angola et conserve une relation forte au sol, au rythme et au corps, héritée des danses africaines. La marche, l’ancrage, l’importance du bassin et le lien intime avec la musique rappellent cette filiation, même lorsque la danse évolue et se transforme au contact d’autres influences. La kizomba fait partie intégrante des danses sociales modernes, au même titre que d’autres pratiques contemporaines centrées sur l’improvisation et la connexion. Elle se danse principalement dans des contextes sociaux, favorise la rencontre et l’échange, et valorise l’adaptation au partenaire et à la musique. À ce titre, elle illustre l’évolution actuelle des danses de couple, où le ressenti, la relation et l’instant présent prennent le pas sur la codification stricte et la démonstration.

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Les différents styles de kizomba

La kizomba n’est pas une danse unique et figée, mais un univers riche composé de plusieurs esthétiques. On distingue aujourd’hui quatre styles principaux, qui constituent les bases les plus reconnues de la pratique. Comprendre ces grands styles permet de mieux situer sa pratique, ses préférences et son évolution en tant que danseur ou danseuse.

Urban Kiz

L’Urban Kiz est un style contemporain développé en Europe, caractérisé par une posture plus droite, une connexion souvent plus distante et un travail marqué sur les arrêts, les contrastes et les jeux rythmiques. Les déplacements sont majoritairement linéaires et la danse intègre des influences issues des musiques urbaines et électroniques. C’est aujourd’hui le style le plus enseigné et le plus dansé en France. L’accent est mis sur la musicalité, la précision du guidage et l’interprétation des breaks musicaux.

Kizomba traditionnelle

La kizomba traditionnelle, souvent qualifiée d’angolaise ou de passada, s’ancre dans une marche fluide et continue, proche du sol. La connexion est naturelle, le guidage subtil et la danse se développe principalement à partir du pas de base et de ses variations. Les déplacements suivent des trajectoires simples, souvent circulaires ou carrées, dans un esprit social et musical. Ce style reste assez enseigné et pratiqué en France, notamment dans les écoles attachées aux bases culturelles de la kizomba.

Modern’kiz / Kizomba fusion

La Modern’kiz, parfois appelée kizomba fusion, propose une approche intermédiaire entre tradition et modernité. Elle conserve l’esprit de la kizomba tout en intégrant des influences issues d’autres danses ou esthétiques contemporaines. La connexion peut varier, les déplacements sont plus libres et l’improvisation occupe une place importante. Ce style met l’accent sur l’adaptabilité et l’expression personnelle du danseur.

Tarraxinha

La tarraxinha est un style intimement lié à la kizomba, centré sur des mouvements minimalistes et une connexion très rapprochée. Les déplacements sont réduits, parfois presque immobiles, et la danse repose sur le contrôle du bassin, du transfert de poids et de la musicalité interne. L’attention est portée sur la sensation, la subtilité du guidage et la précision plutôt que sur la progression dans l’espace.

Les autres styles hybrides …

En parallèle des styles principaux, la kizomba a donné naissance à de nombreuses variations hybrides, issues de rencontres avec d’autres danses et univers musicaux. Ces styles reflètent la créativité des danseurs et l’évolution constante de la scène kizomba à l’international.

Raggakiz : La raggakiz fusionne kizomba et ragga ou dancehall. Elle se distingue par une énergie plus marquée, des isolations corporelles accentuées et une interprétation rythmique plus dynamique.
Bachakiz : La bachakiz associe la kizomba à la bachata. Elle conserve la marche et la connexion tout en intégrant des accents rythmiques et des inspirations corporelles propres à la bachata.
Tangokiz : La tangokiz mêle kizomba et tango. Elle se caractérise par une posture plus structurée, un travail précis des axes et une interprétation musicale plus intense et contrastée.
Kizombatango : La kizombatango propose une fusion plus marquée avec le tango, privilégiant l’ancrage, les pauses, la tension corporelle et une connexion expressive dans une logique de danse sociale.
Urbankiztango : L’urbankiztango combine les lignes et la musicalité de l’urban kiz avec des influences graphiques et posturales du tango, créant un style moderne et structuré.
Urbankiz sensual : L’urbankiz sensual met l’accent sur la fluidité, les vagues corporelles et l’expression émotionnelle, avec une danse lente, continue et fortement orientée vers la musicalité.

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La kizomba sur la scène compétitive

La kizomba est avant tout une danse sociale. Son tempo lent, sa gestuelle épurée et son accent sur la connexion intime entre partenaires peuvent laisser penser qu’elle est peu adaptée à la compétition, contrairement à des danses plus énergiques comme la salsa ou le rock. Pourtant, la scène compétitive s’est considérablement développée ces vingt dernières années. Des États-Unis au Japon en passant par l’Europe, de nombreux festivals organisent des compétitions.

Les compétitions en France et à l’étranger

La France se distingue par une scène compétitive particulièrement dynamique. Le Championnat de France SBK (Salsa-Bachata-Kizomba), organisé par la Fédération Française de Danse, structure le circuit national avec ses qualifications régionales menant à la finale annuelle. L’I Will Dance Festival propose son I Will Dance Challenge, tandis que la Champions League of Kiz, organisée dans le cadre du Kizomba Castle Exkiz Festival, se démarque par son format original inspiré du football. La France accueille également les Olympiads of Kizomba lors du Paris Kizomba Congress, compétition de référence mondiale qui attire les meilleurs danseurs internationaux.

Au-delà des frontières françaises, les États-Unis comptent deux événements majeurs : le Neo Kizomba Festival, rendez-vous incontournable d’Amérique du Nord, et la Best All-Around Dancer (BAAD) Competition, axée sur les compétences en danse sociale. En Asie, le Japan Kizomba Festival Competition témoigne de l’expansion mondiale de cette danse. Ces événements, répartis sur plusieurs continents, illustrent la vitalité de la scène compétitive kizomba et sa capacité à rassembler des danseurs du monde entier.

Sur quoi sont jugés les danseurs ?

Les danseurs de kizomba en compétition sont évalués selon des critères qui reflètent l’essence même de cette danse sociale.

Au cœur de l’évaluation se trouve la connexion entre les partenaires. Les juges observent la qualité de la communication corporelle, la clarté du guidage et la capacité à maintenir une écoute mutuelle fluide et naturelle. La musicalité constitue un autre critère central. Les danseurs doivent interpréter la musique à travers leurs mouvements, respecter le timing, utiliser les pauses de manière significative et accentuer les différents instruments.

La qualité du mouvement fait également l’objet d’une attention particulière : ancrage au sol, fluidité des transferts de poids, dissociation du corps et ondulations naturelles caractéristiques de la kizomba. Sur le plan artistique, le style et l’interprétation personnelle sont valorisés. La créativité est appréciée, particulièrement dans les formats Jack & Jill où l’improvisation avec un partenaire inconnu met à l’épreuve l’adaptabilité. Toutefois, cette créativité ne doit jamais sacrifier la connexion ou la qualité de mouvement. La présentation scénique compte aussi : énergie, présence et expression émotionnelle peuvent faire la différence.

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Découvrir la kizomba

Des rues d’Angola aux pistes du monde

L’origine de la kizomba se situe en Angola dans les années 1980, à partir des danses et musiques locales. À l’origine, elle se danse dans les fêtes populaires, où les couples bougent simplement au rythme de chansons lentes et chaleureuses. Avec le temps, la danse évolue, s’enrichit et voyage vers l’Europe. Elle rencontre d’autres influences, change de style et se diffuse largement. Aujourd’hui, la kizomba continue d’évoluer, tout en gardant son esprit de partage et de connexion.

Des rythmes doux et profonds

Les musiques de kizomba sont lentes, chaleureuses et pleines d’émotion. Elles mêlent une rythmique douce, des basses profondes et des voix chantées qui racontent souvent l’amour ou la vie. Des chansons comme Mulemba Xangola de Bonga ou Não Me Toca d’Anselmo Ralph créent une ambiance intime qui donne envie de se rapprocher et de marcher en harmonie. Cette musique enveloppante guide les danseurs et fait naître une danse fluide, sensible et connectée.

Marcher, écouter et ressentir

Apprendre la kizomba commence par une marche simple et posée, réalisée à deux, en suivant le rythme de la musique. On ne mémorise pas une suite de pas, on apprend surtout à écouter, à sentir le partenaire et à se déplacer ensemble avec fluidité. Le guidage passe par le buste, l’écoute est constante, et chaque danse devient un dialogue silencieux. Peu à peu, on développe équilibre, confiance et sens du rythme, pour laisser la musique conduire le mouvement.

Les visages emblématiques qui ont fait briller la kizomba

Certains danseurs de kizomba sont devenus de véritables icones internationales. Des figures comme Tony Pirata ou Mestre Petchu ont marqué l’histoire par leur style, leur présence et leur transmission. À leurs côtés, de grandes danseuses ont aussi joué un rôle essentiel dans l’évolution de la kizomba. Grâce à ces artistes passionnés, la danse s’est diffusée bien au-delà de l’Angola et continue aujourd’hui d’inspirer des milliers de danseurs à travers le monde.

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FAQ : les questions les plus fréquentes sur la kizomba

Quelle est l'origine de la kizomba ?

La kizomba est née en Angola dans les années 1980, issue du semba traditionnel et influencée par le zouk. Elle s’est développée comme danse sociale avant de se diffuser dans le monde.

Peut-on danser seul la kizomba ?

La kizomba est avant tout une danse de couple. Toutefois, on peut travailler seul la posture, la marche, le rythme et la musicalité pour améliorer sa qualité de danse à deux.

Sur quel type de musique danse-t-on la kizomba ?

La kizomba se danse sur une musique lente et rythmée, avec des basses profondes et des mélodies chantées, issue des musiques afro-lusophones.

La kizomba est-elle une danse latine ou africaine ?

La kizomba est classée parmi les danses latines en Europe, mais son origine culturelle est africaine.

Quelle est la différence entre kizomba et zouk ?

Le zouk est une musique et une danse des Antilles françaises. La kizomba est née en Afrique et possède une marche plus ancrée, une connexion plus stable et une structure rythmique différente.

Est-ce difficile à apprendre la kizomba ?

La kizomba est accessible aux débutants grâce à son tempo lent et sa marche simple. La difficulté réside surtout dans la connexion, l’écoute et la précision du guidage.

Existe-t-il différents styles de kizomba ?

Oui. La kizomba traditionnelle est fluide et organique, l’urban kiz plus dynamique et contrasté, et la tarraxinha plus lente et minimaliste.