DANSE : le merengue
Danse sociale et culture latine
La convivialité en mouvement
En soirée, il se pratique dans une atmosphère conviviale, festive et accessible à tous. Son pas de base simple permet même aux débutants de participer rapidement, ce qui favorise l’échange et la spontanéité sur la piste. Les couples se forment librement, souvent pour la durée d’un seul morceau, dans un esprit de partage plutôt que de performance.
L’invitation à danser se fait par un regard, un sourire ou une main tendue. Le refus est accepté avec respect, sans insistance. Une fois sur la piste, on veille à maintenir une distance adaptée, à respecter l’espace des autres couples et à éviter les mouvements trop amples lorsque la piste est chargée. Le merengue privilégie la fluidité continue : on ne s’arrête pas entre les figures, on marche toujours en rythme, même lors des transitions. Remercier son partenaire à la fin du morceau fait partie des codes implicites de la danse sociale.
Les écoles de danse jouent un rôle essentiel dans cette culture. Elles transmettent les bases techniques, le vocabulaire des figures et surtout les codes de guidage et de connexion qui permettent de danser confortablement avec n’importe quel partenaire en soirée. Elles servent aussi de lieux de rencontre, où se créent les communautés locales de danseurs. Beaucoup d’écoles organisent d’ailleurs leurs propres soirées latines, véritables passerelles entre apprentissage et pratique sociale.
La structure musicale
La musique de merengue repose sur un rythme binaire vif et régulier, marqué sur chaque temps. Cette pulsation constante correspond directement au pas de base : un pas par temps, sans contretemps ni pause. C’est cette clarté rythmique qui rend la danse si accessible. Trois instruments traditionnels structurent le son du merengue. La tambora, un tambour à deux faces, fournit la base rythmique et les accents. La güira, instrument métallique frotté, crée un flux sonore continu qui maintient l’énergie. L’accordéon apporte la mélodie et le caractère festif typique du merengue dominicain. Dans les versions modernes, ces instruments peuvent être complétés par cuivres, claviers et basse électrique.
Pour le danseur, la musique agit comme un fil conducteur. Tant que la pulsation est respectée, le pas reste constant et les figures peuvent s’enchaîner librement. Le merengue est une danse où la musique guide directement le mouvement, sans nécessité de compter des structures complexes.
Les styles de merengue
Le merengue traditionnel dominicain est le style d’origine. Il se danse proche, avec peu de figures, beaucoup de marche en couple et un accent fort sur la musicalité et l’énergie populaire. C’est un style spontané, vivant et ancré dans la culture de rue et de fête.
Le merengue de salon s’est développé pour l’enseignement et les pistes internationales. Il conserve le pas de base mais intègre davantage de figures codifiées, de tours et de déplacements. Le guidage y est plus structuré, ce qui le rend idéal pour l’apprentissage en cours de danse.
Le merengue moderne incorpore des influences d’autres danses latines comme la salsa ou la bachata. Les figures deviennent plus variées, le cadre plus souple, et le style plus stylisé, notamment dans les bras et les jeux de rotations.
Enfin, les influences urbaines récentes mélangent merengue, hip-hop et danses street. On y trouve plus d’isolations corporelles, de jeux rythmiques et parfois des moments en solo. Ce style reflète l’évolution contemporaine de la musique dominicaine.
Le merengue dans le monde compétitif
Bien que le merengue soit avant tout une danse sociale, pratiquée spontanément dans les fêtes, les clubs et les rassemblements populaires où elle incarne la joie et la convivialité, cette discipline a également conquis le monde compétitif de la danse.
Le merengue occupe aujourd’hui une place reconnue dans le paysage compétitif international de la danse. Au niveau mondial, deux grandes organisations structurent les compétitions de cette discipline caribéenne. La WDSF (World DanceSport Federation) organise des championnats de « Caribbean Dances » qui incluent le merengue aux côtés de la salsa et de la bachata. Parallèlement, l’IDO (International Dance Organization) organise des championnats du monde et des coupes du monde pour différentes danses caribéennes, dont le merengue. En France, la représentation de ces danses est assurée par la CFFDJ-IDO (Conseil Fédéral Français de Danse Jazz – IDO) qui représente la France aux championnats du monde IDO de danses caribéennes, incluant le merengue.
Lors des compétitions de merengue, l’évaluation des couples de danseurs repose sur plusieurs critères fondamentaux qui permettent aux juges d’apprécier la qualité globale de la performance. Ces critères sont généralement répartis entre aspects techniques et artistiques. Sur le plan technique, les juges évaluent la capacité des compétiteurs à maintenir un timing constant, à démontrer une technique solide et à exécuter des mouvements complexes. La précision du jeu de pieds, la coordination entre les partenaires et le respect du rythme caractéristique du merengue constituent des éléments essentiels de cette évaluation technique. Sur le plan artistique, les danseurs sont jugés sur leur mouvement en musique, leurs compétences en matière de partenariat, leur chorégraphie et leur présentation. L’interprétation musicale, la créativité chorégraphique, l’expression émotionnelle et la capacité à établir une connexion authentique avec le partenaire sont autant de dimensions qui enrichissent la performance et captivent à la fois le jury et le public.
Apprendre à danser le merengue
Le pas de base
Le pas de base du merengue est très simple, c’est d’ailleurs l’une des danses latines les plus faciles à apprendre pour les débutants !
Il consiste à marcher sur place en transférant le poids du corps d’un pied à l’autre à chaque temps de la musique. On fléchit légèrement le genou de la jambe d’appui à chaque pas, ce qui crée un mouvement naturel de hanche caractéristique du merengue. Quand vous transférez votre poids sur le pied gauche par exemple, votre hanche gauche monte légèrement et se déplace vers le côté gauche. Simultanément, la hanche droite descend un peu et se relâche. Puis c’est l’inverse quand vous passez sur le pied droit. Cela crée un mouvement de vague latérale ou de balancier : gauche-droite, gauche-droite, de façon rythmique et ininterrompue.
Le cadre (frame)
La connexion en couple au merengue est chaleureuse, proche et dynamique. C’est une danse très sociale où le contact et la communication non-verbale sont essentiels. Le cadre est la structure formée par les bras et le haut du corps des deux partenaires. C’est le squelette de la connexion.
Pour le cavalier :
• Son bras droit entoure le dos de sa partenaire, main posée fermement mais sans crispation au niveau de l’omoplate ou un peu plus bas
• Son bras gauche est levé sur le côté, coude légèrement fléchi, formant un angle naturel
• Ses épaules sont détendues mais toniques, créant une certaine largeur dans le haut du corps
• Il maintient une posture droite sans être rigide
Pour la cavalière :
• Son bras gauche repose sur l’épaule ou le bras du cavalier, créant un point de contact stable
• Son bras droit est tenu par le cavalier, coude souple
• Elle maintient également sa propre tonicité dans les bras – elle ne « pend » pas passivement
C’est un espace élastique et vivant. Ce cadre doit pouvoir absorber les mouvements, les tours, les changements de direction tout en gardant sa structure. Quand le cavalier tourne à gauche, le cadre tourne avec lui comme une unité.
Le guidage
Le guidage, c’est le langage que le cavalier utilise pour communiquer ses intentions à travers le cadre. Un bon guidage en merengue est avant tout clair et anticipé, pour que les intentions soient comprises sans hésitation. Il reste doux, jamais brutal, tout en étant cohérent avec la musique et le pas de base. Il s’adapte au niveau de la partenaire afin de maintenir une connexion fluide et confortable.
• La main dans le dos : C’est le point de guidage principal. Une pression légère vers la droite indique un déplacement dans cette direction, une pression vers l’avant invite à avancer. Pour les tours, le cavalier crée une rotation à partir de ce point
• Le bras tendu : Quand le cavalier lève le bras pour faire tourner la cavalière, la direction et la vitesse de rotation se communiquent par la trajectoire de sa main
• La connection du buste : La proximité des torses permet aussi de sentir les changements de direction du corps du cavalier
• Le timing : Le guidage arrive légèrement avant le mouvement, donnant à la cavalière le temps de réagir
La posture
La colonne vertébrale :
Elle doit être droite et allongée, évitez de cambrer excessivement le bas du dos ou d’arrondir le haut du dos. La sensation recherchée est celle de « grandir », de s’étirer vers le haut tout en restant ancré au sol.
Le bassin :
Il doit être en position neutre, ni basculé vers l’avant ni vers l’arrière. Les hanches sont souples et libres de bouger, mais le bassin reste stable dans son alignement. C’est le centre de gravité du corps, le point d’équilibre à partir duquel tout le reste s’organise
Les épaules :
Elles sont basses, détendues, loin des oreilles. La cage thoracique est ouverte, permettant une respiration ample. Évitez de remonter les épaules sous l’effet de la tension ou de la concentration
Le port de tête :
La tête est le prolongement naturel de la colonne, pas penchée en avant ni en arrière. Le menton reste parallèle au sol, ni relevé de manière hautaine ni enfoncé dans la poitrine. Le regard se porte devant soi, à hauteur d’horizon, ou vers votre partenaire.
Découvrir le merengue
D’une danse des campagnes à un symbole national
L’origine du merengue se trouve en République dominicaine, au XIXᵉ siècle. Son histoire commence dans les campagnes, où musiques africaines et européennes se mélangent. Cette danse joyeuse gagne peu à peu les villes. Mais à ses débuts, elle est mal vue par les élites et parfois interdite, jugée trop populaire et trop libre. Avec le temps, le merengue évolue, s’impose et devient un symbole national, aimé par toutes les classes sociales du pays et profondément ancré dans la culture dominicaine.
Le rythme joyeux qui fait vibrer le merengue
Les musiques de merengue sont rapides, joyeuses et pleines d’énergie. Elles donnent envie de bouger dès les premières notes. Des artistes célèbres comme Juan Luis Guerra, Wilfrido Vargas et Johnny Ventura ont popularisé ce style à travers leurs chansons. Le rythme entraînant du merengue s’inscrit dans la grande famille des musiques latines et accompagne fêtes, bals et cours de danse, où il crée une ambiance vivante et chaleureuse.
FAQ : les questions les plus fréquentes sur le merengue
Quelle est l'origine du merengue ?
Le merengue est né en République dominicaine au XIXᵉ siècle. Il est devenu une danse et une musique emblématiques du pays, avant de se diffuser dans toute l’Amérique latine et le monde.
Quelle est la différence entre merengue et salsa ?
Le merengue se danse sur un rythme rapide et régulier avec des pas simples et continus. La salsa utilise un rythme plus syncopé, des pauses marquées et des figures plus complexes.
Le merengue est-il facile à apprendre ?
Oui. Le pas de base est simple, naturel et rapide à maîtriser. C’est l’une des danses latines les plus accessibles aux débutants.
Peut-on danser le merengue sans partenaire ?
Le merengue est avant tout une danse de couples mais il peut se danser en solo, notamment pour travailler le rythme, les hanches et l’énergie corporelle.
Quel type de musique accompagne le merengue ?
La musique de merengue est vive et rythmée, portée par la percussion, l’accordéon et les cuivres. Elle est conçue pour une danse continue et festive.
Existe-t-il différents styles de merengue ?
Oui. On distingue le merengue traditionnel dominicain, le merengue de salon et des formes modernes influencées par la pop et l’électro latine.
Existe-t-il des compétitions de merengue ?
Oui. Des concours de merengue sont organisés lors de festivals latins et d’événements culturels, notamment en République dominicaine.