Les musiques de danse orientale
« Shik Shak Shok »
Hassan Abou El Seoud
« Shik Shak Shok » est une composition de Hassan Abou El Seoud, un accordéoniste et synthétiseur égyptien. La chanson a été enregistrée au Liban en 1974 dans le cadre d’un album de musique pour la danse du ventre. Elle fait partie d’un mouvement de musique égyptienne moderne des années 1970, mêlant des éléments traditionnels à des influences psychédéliques et électroniques. L’album « Shik Shak Shok » est devenu un classique de la musique orientale pour la danse du ventre, offrant un son unique qui a marqué son époque. La chanson a connu un succès durable, étant rééditée et remasterisée plusieurs fois au fil des années. Elle reste aujourd’hui une référence pour les amateurs de danse orientale et de musique du Moyen-Orient.
La mélodie accrocheuse à l’accordéon et au synthétiseur crée une ambiance festive et dynamique, idéale pour l’expression corporelle. Cette chanson est devenue un classique incontournable des fêtes de henné et des mariages égyptiens, symbolisant la liberté d’expression et l’empowerment des femmes. Elle encourage les danseuses orientales à se libérer du regard masculin et à danser pour elles-mêmes, renforçant ainsi leur confiance en soi et leur féminité.
« Enta Omri »
Oum Kalthoum
« Enta Omri » est le fruit d’une collaboration historique entre Oum Kalthoum et Mohammed Abdel Wahab, orchestrée par le président égyptien Nasser en 1964. Initialement composée par Abdel Wahab pour lui-même, la chanson fut proposée à Oum Kalthoum par le violoniste Ahmed el Hafnawi. Après quelques hésitations, notamment sur l’utilisation d’une guitare électrique, symbole de modernité, Oum Kalthoum accepta. L’enregistrement, qui dura douze heures, donna naissance à une œuvre de près d’une heure, composée dans le mode kurdi. Diffusée sur Radio Sawt Al Arab, « Enta Omri » devint rapidement un succès dans tout le monde arabe. Cette collaboration, qualifiée de « rencontre des nuées », marqua un tournant dans la carrière des deux artistes et dans l’histoire de la musique arabe, symbolisant l’ouverture culturelle voulue par le nassérisme.
La voix puissante et expressive d’Oum Kalthoum, combinée à l’orchestration sophistiquée, crée une atmosphère presque mystique qui inspire des mouvements fluides et sensuels, et offre l’opportunités de belles improvisations en danse orientale.
« Tamally Maak »
Amr Diab
« Tamally Maak » est une chanson d’Amr Diab, sortie en 2000 dans l’album du même nom. Écrite par Ahmed Ali Moussa et composée par Sherif Tag, elle signifie « Toujours avec toi » en arabe. L’arrangement original a été réalisé par Tarek Madkour. Le clip vidéo, tourné en République Tchèque, met en avant la guitare classique. La chanson a rapidement connu un succès international, propulsant Amr Diab sur la scène mondiale. Elle a été traduite et reprise dans plusieurs langues, témoignant de son impact culturel. « Tamally Maak » a reçu des critiques élogieuses, notamment de Rolling Stone qui l’a nommée meilleure chanson pop arabe du 21e siècle. Cette œuvre marque un tournant dans la carrière d’Amr Diab, consolidant sa position d’icône de la musique arabe moderne et contribuant à son statut de « Père de la musique méditerranéenne ».
Pour la danse orientale, « Tamally Maak » d’Amr Diab est une chanson offrant un mélange unique de rythmes traditionnels et modernes qui attire toutes les générations. Elle se caractérise par son style pop latino, apportant une touche de modernité à la musique arabe traditionnelle.
« West Naima »
Hossam Ramzy
« West Naima » est une composition de Hossam Ramzy, percussionniste et compositeur égyptien de renommée internationale. Cette chanson fait partie de l’album « Sabla Tolo: Journeys Into Pure Egyptian Percussion », sorti en 2003. Ramzy, né au Caire en 1953, a commencé sa carrière musicale très jeune, recevant sa première darbouka à l’âge de 3 ans. Après avoir déménagé à Londres, il s’est d’abord tourné vers le jazz avant de revenir à ses racines musicales égyptiennes. « West Naima » reflète cette fusion entre ses influences occidentales et orientales, comme le suggère son titre. L’album « Sabla Tolo » était un projet personnel pour Ramzy, visant à enregistrer les rythmes de danse et compositions qui l’ont inspiré à devenir percussionniste. Malheureusement, Ramzy est décédé en septembre 2019, laissant derrière lui un riche héritage musical qui continue d’influencer la musique égyptienne et la danse orientale dans le monde entier.
Ce titre offre une base rythmique complexe et dynamique, idéale pour des mouvements expressifs et énergiques de la danse orientale. Ramzy, connu pour son innovation tout en restant fidèle à ses racines culturelles, a créé avec « West Naima » une œuvre qui permet aux danseurs d’explorer une large gamme de mouvements.
« Laktob Ala Awrak El Shagar »
Farid El Atrache
« Laktob Ala Awrak El Shagar » est une chanson de Farid El Atrache, composée dans les années 1960. Cette chanson s’inscrit dans la période où El Atrache était au sommet de sa carrière, mêlant habilement tradition musicale arabe et influences occidentales. Farid El Atrache, connu pour sa voix expressive et son style « triste », a composé cette chanson en s’inspirant de ses expériences personnelles et de son talent pour exprimer des émotions profondes à travers sa musique. La chanson reflète son style caractéristique, alliant des paroles poétiques à une mélodie mélancolique, typique de ses compositions qui ont marqué la musique arabe du XXème siècle. « Laktob Ala Awrak El Shagar » reste l’une des œuvres les plus appréciées de Farid El Atrache, témoignant de son impact durable sur la culture musicale arabe.
Le rythme envoûtant de la chanson et sa mélodie complexe permettent aux danseurs d’exprimer une large gamme d’émotions à travers leurs mouvements. La voix grave et expressive de Farid El Atrache, combinée à son jeu d’oud magistral, crée une atmosphère mélancolique et poétique qui inspire des mouvements fluides.
« Enta »
Hakim
« Enta » de Hakim est une chanson populaire égyptienne sortie dans les années 1990. Cette chanson s’inscrit dans le style caractéristique de Hakim, connu pour sa fusion de musique populaire égyptienne (shaabi) et de pop moderne. Hakim, né en 1962, a commencé sa carrière dans les années 1980 et est devenu l’un des artistes les plus populaires d’Égypte dans les années 1990. « Enta », qui signifie « Tu » en arabe, fait partie des titres qui ont contribué à son succès national et international. La chanson reflète le style énergique et festif de Hakim, mêlant des rythmes traditionnels à des arrangements modernes. Elle a été composée pour capturer l’esprit joyeux et dansant de la musique populaire égyptienne, tout en attirant un public plus large grâce à ses influences pop.
Le rythme entraînant et sa mélodie accrocheuse en font un choix populaire pour les performances de danse orientale. La fusion entre la musique populaire égyptienne et la pop moderne crée une ambiance dynamique qui inspire des mouvements vifs et expressifs.
« Desert Rose »
Sting et Cheb Mami
« Desert Rose » est née d’une improvisation de Sting sur sa guitare, jouant dans un mode oriental. Il a ensuite écrit des paroles évoquant la pluie dans le désert et le désir, s’inspirant d’idées soufies sur l’amour. Cependant, Sting sentait qu’il manquait une voix authentique. Il a donc invité Cheb Mami, star du raï, à Paris pour collaborer. Cheb Mami a improvisé des paroles en arabe qui s’entremêlaient harmonieusement avec celles de Sting, créant l’illusion d’un dialogue. Sortie en 1999 sur l’album « Brand New Day », la chanson est devenue un succès international, restant 100 semaines dans les charts. Elle a marqué une fusion unique entre pop occidentale et sonorités orientales, reflétant l’intérêt croissant pour les cultures arabes à la fin des années 90. Le clip, mettant en scène Sting traversant le désert de Mojave en Jaguar, a également contribué à sa popularité.
Cette chanson est particulièrement appréciée pour sa capacité à créer un pont entre les cultures, attirant un public diversifié et permettant aux danseurs de mêler des éléments de danse orientale traditionnelle à des mouvements plus contemporains.