Les meilleures musiques de lindy hop

Le lindy hop est une danse profondément liée à la musique swing, à son énergie et à son groove. Chaque chanson de lindy hop citée ici fait partie des morceaux connues qui ont façonné l’imaginaire collectif des danseurs. Ces musiques pour danser le lindy hop sont devenues de véritables grands classiques incontournables, joués aussi bien dans les bals que lors des compétitions ou des entraînements. Rassemblées comme une playlist idéale, elles constituent pour beaucoup les meilleures chansons pour le lindy hop, celles qui donnent envie de se lever et de swinguer.
"Sing, Sing, Sing" Benny Goodman

« Sing, Sing, Sing »
Benny Goodman

« Sing, Sing, Sing (With a Swing) » est une chanson composée par Louis Prima en 1936. Bien que Prima l’ait enregistrée avec paroles, c’est la version instrumentale de Benny Goodman qui l’a rendue célèbre. Enregistrée en 1937 avec Gene Krupa à la batterie, cette version durait exceptionnellement 8 minutes 43 secondes, occupant les deux faces d’un disque 78 tours. L’arrangement de Jimmy Mundy incorporait des éléments de « Christopher Columbus » de Chu Berry. La version live de Carnegie Hall en 1938 s’étendait à plus de 12 minutes avec des solos improvisés. La chanson est devenue emblématique de l’ère du swing et a été intronisée au Grammy Hall of Fame en 1982.
Le battement distinctif de Gene Krupa crée une base rythmique idéale pour les mouvements énergiques et les « swing-outs » caractéristiques du lindy hop. Les variations de tempo et les solos instrumentaux permettent aux danseurs d’improviser et d’exprimer leur créativité, reflétant l’essence même du lindy hop avec ses alternances entre moments rapides et passages plus posés.

"One O'Clock Jump" Count Basie

« One O’Clock Jump »
Count Basie

« One O’Clock Jump » est un standard de jazz instrumental composé par Count Basie en 1937. Cette pièce en blues à 12 mesures tire son nom des sessions de répétition tardives du groupe, qui se terminaient souvent vers 1 heure du matin. Initialement intitulée « Blue Ball », elle fut renommée pour des raisons de convenance radiophonique. La mélodie est basée sur des arrangements « de tête » où Eddie Durham et Buster Smith ont aidé Basie à structurer ses idées. L’enregistrement original met en valeur les saxophonistes Herschel Evans et Lester Young, le trompettiste Buck Clayton, Walter Page à la contrebasse et Basie au piano. Ce morceau est devenu l’hymne de l’orchestre Basie, concluant leurs concerts pendant près d’un demi-siècle.
« One O’Clock Jump » est parfaitement adapté au lindy hop grâce à son swing prononcé et son tempo énergique mais maîtrisé. Le lindy hop ici trouve dans ce morceau tous les éléments nécessaires : des breaks pour les improvisations, une section rythmique solide, et une progression dynamique qui inspire les mouvements emblématiques du lindy hop.

"Minor Swing" Django Reinhardt

« Minor Swing »
Django Reinhardt

« Minor Swing » voit le jour en 1937, dans le Paris bouillonnant des années swing. Le morceau est signé conjointement par Django Reinhardt et Stéphane Grappelli. Dans « Minor Swing », Django affirme pleinement son langage musical. Son jeu, à la fois percussif et d’une grande sophistication mélodique, s’épanouit dans la tonalité mineure, qui apporte une couleur à la fois sombre, élégante et joyeusement tendue. Grappelli, de son côté, répond par un violon fluide, chantant, parfois espiègle, créant une conversation musicale d’une rare évidence. Rien n’est démonstratif, mais tout est intensément vivant. Avec le temps, Minor Swing sera réenregistré plusieurs fois, abondamment rejoué, cité, enseigné, et finira par incarner presque à lui seul l’univers sonore de Reinhardt au point d’apparaître dans des bandes originales de films, prolongeant ainsi bien au delà des années 1930.

"In the Mood" de Glenn Miller

« In the Mood »
Glenn Miller

« In the Mood » de Glenn Miller est un standard de jazz-swing américain, enregistré en 1939. Inspiré du morceau « Tar Paper Stomp » de Wingy Manone (1930), il a été arrangé par Joe Garland. Glenn Miller a peaufiné l’arrangement, créant un son unique avec une ligne de clarinette doublée par un saxophone ténor. Le morceau débute par un thème de saxophones basé sur des arpèges répétés, suivi de solos de saxophone et de trompette. Il est devenu un succès immédiat, restant 13 semaines en tête des charts américains en 1940. « In the Mood » est devenu emblématique de l’ère du swing et de la Seconde Guerre mondiale, associé à l’arrivée des Américains et à l’euphorie de la Libération en France. Le morceau a été entendu lors de plusieurs compétitions de danse, notamment à la Rock That Swing Festival 2024 à Munich, où il a été joué lors de la soirée « In The Mood » à la Scholastika Eventlocation. Il a également été utilisé lors du Gala Funny Boots 2014 pour une prestation de lindy hop.
Les sections instrumentales distinctes, notamment les solos de saxophone et de trompette, offrent des opportunités pour des variations dans la danse, permettant aux danseurs de lindy hop d’interpréter musicalement chaque partie.

"Take the 'A' Train" Duke Ellington

« Take the ‘A’ Train »
Duke Ellington

« Take the ‘A’ Train » est un standard de jazz composé par Billy Strayhorn en 1939 pour Duke Ellington. L’histoire de la chanson est liée aux instructions données par Ellington à Strayhorn pour se rendre à Harlem en prenant la ligne A du métro de New York. Initialement jetée à la poubelle par Strayhorn, la composition a été sauvée par Mercer Ellington. Les paroles ont été ajoutées plus tard par Joya Sherrill, une jeune chanteuse de 20 ans. La chanson est devenue l’indicatif musical de l’orchestre d’Ellington et a été enregistrée pour la première fois commercialement le 15 février 1941. « Take the ‘A’ Train » a reçu plusieurs distinctions. L’enregistrement de 1941 par Duke Ellington a été intronisé au Grammy Hall of Fame en 1976. De plus, la chanson a été incluse dans le « NPR 100 » en 1999, une liste des cent œuvres musicales américaines les plus importantes du 20e siècle.

"Flying Home" Lionel Hampton

« Flying Home »
Lionel Hampton

« Flying Home » est une composition de jazz/jump blues créée en 1939 par Benny Goodman et Lionel Hampton. La mélodie serait née lors d’un vol que l’orchestre de Goodman devait prendre de Los Angeles à Atlantic City. Hampton, qui voyageait en avion pour la première fois, commença à siffler une mélodie pour calmer son anxiété. Quand Goodman lui demanda ce que c’était, Hampton répondit: « Je ne sais pas. Appelons-la ‘Flying Home' ». Le morceau fut joué ce soir-là et enregistré par le Benny Goodman Sextet en août 1939, puis officiellement publié en novembre. En 1942, Hampton enregistra sa propre version avec un solo légendaire d’Illinois Jacquet qui devint sa signature musicale.
Son tempo entraînant (environ 220 BPM) permet aux danseurs d’exécuter les mouvements caractéristiques du lindy hop: triple steps, kicks, et aerials. La section de cuivres éclatante guide naturellement les danseurs dans leur expression corporelle du swing. « Flying Home » a été intronisée au Grammy Hall of Fame en 1996. Elle figure également parmi les 660 chansons qui ont « façonné le rock ‘n’ roll » selon le Rock and Roll Hall of Fame, reconnaissant son influence fondamentale sur les musiques populaires qui ont suivi.

"Honeysuckle Rose" Fats Waller

« Honeysuckle Rose »
Fats Waller

« Honeysuckle Rose » a été composée en 1929 par Fats Waller avec des paroles d’Andy Razaf pour le spectacle « Load of Coal » au Connie’s Inn à Harlem. Initialement destinée à un numéro de claquettes, Waller l’a créée avec désinvolture, laissant Razaf terminer seul. Malgré son attitude légère, la chanson est devenue un tube. Enregistrée d’abord par d’autres musiciens, Waller l’a finalement enregistrée en 1934. Elle a connu un regain de popularité dans les années 1940 grâce à son apparition dans des films. « Honeysuckle Rose » est devenue un standard de jazz, reprise par de nombreux artistes célèbres. La chanson a été entendue lors de l’International lindy hop Championships (ILHC) 2020, notamment pendant l’échauffement de la compétition de Solo Jazz. « Honeysuckle Rose » a reçu le Grammy Hall of Fame Award en 1999, et a été intronisée au Gospel Music Hall of Fame la même année.
Son tempo modéré permet aux danseurs d’exprimer leur créativité tout en restant en phase avec la musique. Les paroles pleines de sous-entendus offrent des opportunités d’interprétation ludique dans la danse, permettant aux danseurs de lindy hop de s’amuser avec leur partenaire tout en restant subtils.

"Stompin' at the Savoy" Ella Fitzgerald and Louis Armstrong

« Stompin’ at the Savoy »
Ella Fitzgerald and Louis Armstrong

« Stompin’ at the Savoy » est un standard de jazz composé par Edgar Sampson en 1933, nommé d’après le célèbre Savoy Ballroom à Harlem, New York. Initialement utilisé comme thème de l’orchestre de Rex Stewart, Sampson l’a apporté à l’orchestre de Chick Webb en rejoignant ce dernier. L’enregistrement de Webb a atteint la 10e place des charts en 1934. Benny Goodman a enregistré plusieurs versions, dont une avec son quartet en 1936. Andy Razaf a ajouté des paroles par la suite. La chanson est devenue un standard de jazz, enregistrée des centaines de fois, notamment par Ella Fitzgerald qui l’a interprétée en scat lors d’un concert mémorable en 1957.
Son tempo medium-rapide et ses accords swing caractéristiques offrent une base parfaite pour les pas et les improvisations du lindy hop. La mélodie accrocheuse et les breaks instrumentaux permettent aux danseurs d’exprimer leur créativité et leur énergie, capturant l’essence même de cette danse sociale née au Savoy Ballroom.