Les meilleures musiques de paso doble
« España cañí »
Pascual Marquina
Composé en 1923 par le musicien espagnol Pascual Marquina Narro (1873-1948), « España cañí » est devenu l’un des paso doble les plus emblématiques du répertoire. Le terme « cañí » fait référence au peuple gitan andalou, soulignant les racines populaires et flamencas de cette œuvre. Marquina, chef d’orchestre et compositeur prolifique de Saragosse, a créé cette pièce vibrante qui capture l’essence festive et passionnée de l’Espagne. La mélodie entraînante et les rythmes scandés ont rapidement fait d' »España cañí » un incontournable des arènes et des salles de danse. Cette composition est particulièrement appréciée en compétition de danse sportive, où sa structure rythmique marquée permet aux danseurs d’exprimer toute la théâtralité et l’élégance du paso doble. L’œuvre reste aujourd’hui un symbole de l’identité musicale espagnole, jouée lors des corridas et des festivités nationales, incarnant parfaitement l’esprit tauromachique et la fierté hispanique.
« El Gato Montés »
Manuel Penella Moreno
Créé en 1916 par le compositeur valencien Manuel Penella Moreno (1880-1939), « El Gato Montés » est extrait de la zarzuela éponyme en trois actes. Cette œuvre lyrique espagnole raconte l’histoire tragique d’un torero surnommé « le chat sauvage ». Le paso doble instrumental qui en est tiré, joué lors de la scène finale de l’arène, est devenu l’un des morceaux les plus célèbres du genre. Penella, issu d’une famille de musiciens, a su créer une composition d’une intensité dramatique exceptionnelle, évoquant le courage du matador face au taureau. Les cuivres puissants et les percussions martiales confèrent à cette pièce une atmosphère héroïque et solennelle. « El Gato Montés » est régulièrement joué dans les plazas de toros d’Espagne et d’Amérique latine, notamment lors du paseíllo (défilé d’entrée des toreros). Sa popularité transcende le monde taurin pour devenir un classique des orchestres de paso doble et des compétitions internationales de danse.
« Suspiros de España »
Antonio Álvarez Alonso
Composé en 1902 par Antonio Álvarez Alonso, plus connu sous son pseudonyme Álvarez « El Maestro » (1867-1903), « Suspiros de España » (Soupirs d’Espagne) est un paso doble empreint de nostalgie et de romantisme. Ce musicien madrilène, décédé prématurément à 36 ans, a laissé une œuvre qui évoque la beauté mélancolique de l’Espagne avec une sensibilité remarquable. Contrairement aux paso doble plus martiaux, cette composition se distingue par sa douceur expressive et ses lignes mélodiques chantantes qui semblent effectivement « soupirer ». L’œuvre reflète l’amour profond d’Álvarez pour sa patrie et capture l’âme andalouse dans ses nuances les plus délicates. « Suspiros de España » a connu un succès immédiat et durable, devenant un standard interprété par d’innombrables orchestres et ensembles à travers le monde. Sa popularité s’étend bien au-delà des frontières espagnoles, touchant le public par son caractère à la fois festif et émouvant, parfait pour les moments de célébration teintés de sentiment.
« El Relicario »
José Padilla
Créé en 1914 par le compositeur almérien José Padilla Sánchez (1889-1960), « El Relicario » est un paso doble légendaire issu de la zarzuela du même nom. Padilla, qui connaîtra plus tard le succès international avec des chansons comme « Valencia », a composé cette œuvre durant sa jeunesse créative. « El Relicario » (Le Reliquaire) raconte l’histoire d’un torero qui porte un médaillon sacré en amulette, symbole de protection et de dévotion. La musique allie parfaitement l’énergie du paso doble traditionnel à une mélodie lyrique profondément émouvante. Les passages orchestraux alternent entre moments dramatiques et séquences plus tendres, reflétant la dualité entre bravoure et vulnérabilité. Cette composition est devenue un classique absolu des arènes espagnoles et des salles de bal, sa reconnaissance universelle en faisant l’un des morceaux les plus enregistrés du genre. La richesse mélodique et l’orchestration sophistiquée de Padilla ont assuré à « El Relicario » une place permanente dans le patrimoine musical espagnol et latino-américain.
« Tercio de Quites »
Rafael Talens Pelló
Composé par le musicien valencien Rafael Talens Pelló (1902-1984), « Tercio de Quites » est un paso doble qui fait référence à la deuxième phase de la corrida espagnole, celle des quites, où les toreros rivalisent d’adresse pour détourner le taureau. Talens, chef d’orchestre et compositeur prolifique, était particulièrement reconnu pour ses compositions taurines qui capturent l’atmosphère électrique des arènes. Cette œuvre se distingue par son rythme vif et ses accents dramatiques qui évoquent les mouvements audacieux des matadors durant cette phase cruciale du combat. L’orchestration brillante met en valeur les cuivres et les percussions, créant une tension palpable qui traduit musicalement le danger et l’élégance de la tauromachie. « Tercio de Quites » est régulièrement programmé lors des ferias et corridas en Espagne, notamment à Valence, terre natale du compositeur. Ce paso doble incarne parfaitement l’art de la confrontation entre l’homme et la bête, célébrant le courage et la technique des toreros dans un moment décisif de la lidia.
« La Concha Flamenca »
Perfecto Artola Prats
Composé par Perfecto Artola Prats, musicien valencien du début du XXe siècle, « La Concha Flamenca » (Le Coquillage Flamenco) est un paso doble qui fusionne l’énergie martiale du genre avec les influences du flamenco andalou. Artola, moins connu que certains de ses contemporains, a néanmoins créé une œuvre originale qui témoigne de sa sensibilité aux différentes expressions musicales espagnoles. Le titre évoque à la fois la forme du coquillage et la richesse ornementale du style flamenco, suggérant une composition aux multiples facettes. La musique alterne entre passages rythmiques vigoureux, typiques du paso doble, et moments plus expressifs rappelant les inflexions émotionnelles du cante jondo. Cette hybridation stylistique confère à l’œuvre une personnalité distinctive qui la distingue des paso doble purement taurins. « La Concha Flamenca » reflète la capacité des compositeurs espagnols à innover au sein d’un genre traditionnel tout en respectant ses codes fondamentaux. L’œuvre reste appréciée par les amateurs de musique espagnole authentique et les danseurs recherchant des morceaux au caractère unique.
« Torre del Oro »
Ricardo Dorado Janeiro
Composé par Ricardo Dorado Janeiro, musicien du XXe siècle, « Torre del Oro » (Tour de l’Or) fait référence au célèbre monument mauresque de Séville construit au XIIIe siècle sur les rives du Guadalquivir. Cette tour dodécagonale, symbole emblématique de la capitale andalouse, a inspiré ce paso doble évocateur qui capture la majesté historique et l’atmosphère romantique de Séville. Dorado Janeiro, dans la lignée des compositeurs andalous attachés à leur patrimoine, a créé une œuvre qui marie la vigueur rhythmique caractéristique du paso doble avec des mélodies évoquant la grandeur architecturale et l’héritage culturel sévillan. L’orchestration met en valeur les contrastes entre passages solennels et moments plus festifs, reflétant la dualité entre le passé glorieux de la ville et sa vitalité contemporaine. « Torre del Oro » est apprécié lors des festivités sévillanes, notamment pendant la Feria de Abril, où il résonne comme un hymne à la fierté locale. Cette composition illustre comment le paso doble transcende son origine taurine pour devenir un vecteur d’identité régionale et de célébration patrimoniale.
« Nerva »
Manuel Rojas Tirado
Composé par Manuel Rojas Tirado (1898-1953), musicien relativement moins connu du grand public mais respecté dans les cercles taurins, « Nerva » est un paso doble qui évoque probablement la localité de Nerva située dans la province de Huelva, en Andalousie. Cette région minière possède une riche tradition culturelle qui inspire les artistes locaux. Rojas Tirado a créé une œuvre qui capture l’esprit combatif et la fierté de cette communauté, utilisant les codes musicaux du paso doble pour exprimer la détermination et la vaillance. La composition présente les caractéristiques typiques du genre : tempo marchant, accentuations rhythmiques marquées et orchestration mettant en valeur les cuivres. Bien que moins diffusé internationalement que d’autres paso doble célèbres, « Nerva » conserve une place importante dans le répertoire régional andalou et est apprécié lors des festivités locales et des événements taurins. L’œuvre témoigne de la diversité du patrimoine musical espagnol et de l’attachement des compositeurs à leurs racines géographiques et culturelles.