Les meilleurs musiques pour danser le rock
« Johnny B. Goode »
Chuck Berry
« Johnny B. Goode », sorti en 1958, est l’une des chansons les plus emblématiques de Chuck Berry et de l’histoire du rock. Inspirée du « rêve américain », elle raconte l’histoire d’un garçon de la campagne qui devient une star de la guitare. Bien que partiellement autobiographique, le titre semble avoir été inspiré par la vie du pianiste de blues Johnnie Johnson, qui a lancé la carrière de Chuck Berry. Le célèbre riff de guitare qui ouvre la chanson s’inspire d’une pièce du jazzman Louis Jordan datant de 1946, mais Berry l’a rendu plus dense en jouant deux notes simultanément sur deux cordes. Les paroles évoquent un guitariste talentueux et peu instruit venu des régions rurales de la Nouvelle-Orléans, reflétant les espoirs d’ascension sociale des musiciens de l’époque. Le « B » dans le titre fait référence à l’expression « be good » (sois sage) que Berry utilisait souvent pour conseiller à Johnson d’éviter les ennuis.
« Jailhouse Rock »
Elvis Presley
« Jailhouse Rock » est bien plus qu’une simple chanson. Créée en 1957 par Jerry Leiber et Mike Stoller pour Elvis Presley, elle fut d’abord conçue pour le film éponyme réalisé par Richard Thorpe. Le film raconte l’histoire de Vince Everett, interprété par Elvis, un homme condamné pour homicide involontaire qui apprend la guitare en prison et devient une star du rock à sa sortie. La chanson, enregistrée à Hollywood, est rapidement devenue un succès phénoménal, éclipsant le film lui-même. Elle a atteint la première place du Billboard Hot 100 pendant sept semaines et s’est vendue à plus de 4 millions d’exemplaires. La performance d’Elvis, avec sa voix plus rocailleuse et sa chorégraphie énergique, a marqué les esprits et est considérée comme l’un des premiers clips vidéo de l’histoire de la musique. « Jailhouse Rock » reste un classique intemporel du rock’n’roll, honoré par le Grammy Hall of Fame et l’American Film Institute.
« Rock Around the Clock »
Bill Haley & His Comets
« Rock Around the Clock », composée en 1952 par Max C. Freedman et James E. Myers, est devenue un symbole du rock ‘n’ roll grâce à Bill Haley & His Comets. Enregistrée le 12 avril 1954 aux studios Pythian Temple à New York, la chanson est initialement sortie en face B d’un single, passant inaperçue. C’est son inclusion dans le film « Graine de violence » en 1955 qui a propulsé le morceau au sommet des charts. Elle est restée numéro un du Billboard Hot 100 pendant huit semaines, marquant la première fois qu’un titre rock atteignait cette position. Avec plus de 30 millions d’exemplaires vendus, « Rock Around the Clock » est considérée comme le point de départ de l’histoire du rock. Son rythme entraînant et son solo de guitare emblématique, joué par Danny Cedrone, ont contribué à définir le son du rock ‘n’ roll naissant et à captiver la jeunesse américaine, symbolisant une nouvelle ère musicale.
« Great Balls of Fire »
Jerry Lee Lewis
« Great Balls of Fire », composée en 1957 par Jack Hammer et Otis Blackwell, est devenue l’un des plus grands succès de Jerry Lee Lewis. Initialement écrite par Hammer, la chanson a été retravaillée par Blackwell à la demande de Paul Case pour le film « Jamboree ». Blackwell, impressionné par la performance de Lewis dans le « Steve Allen Show », a adapté le morceau pour lui. Enregistrée au Sun Studio à Memphis, la chanson a d’abord suscité des réticences chez Lewis, qui la considérait comme un blasphème. Malgré cela, elle est sortie le 8 novembre 1957, juste avant la sortie du film, bénéficiant d’une forte exposition médiatique. Malgré le boycott de certaines stations de radio jugeant les paroles trop explicites, « Great Balls of Fire » a connu un succès fulgurant, atteignant la deuxième place du Billboard Hot 100 et se vendant à plus de 5 millions d’exemplaires dans le monde.
« Tutti Frutti »
Little Richard
« Tutti Frutti » est née d’une improvisation de Little Richard lors d’une séance d’enregistrement infructueuse à la Nouvelle-Orléans en 1955. Frustré, Richard se lance dans une performance explosive, hurlant des obscénités et l’emblématique « A Wop Bop A Loo Bop A Lop Bam Boom! ». Le producteur Robert Blackwell, reconnaissant le potentiel commercial, demande à la parolière Dorothy LaBostrie de réécrire les paroles suggestives en quinze minutes pour éviter la censure. La version originale, avec des références explicites à l’homosexualité, est transformée en un texte plus acceptable. Enregistrée en seulement deux prises, « Tutti Frutti » devient immédiatement un succès phénoménal, marquant le début de la carrière fulgurante de Little Richard. Cette chanson, avec son énergie brute et son refrain accrocheur, est considérée comme l’un des morceaux fondateurs du rock ‘n’ roll, influençant des générations d’artistes à venir.
« Footloose »
Kenny Loggins
« Footloose » est née de l’imagination de Dean Pitchford, inspirée par un article de 1979 sur Elmore City, Oklahoma, où la danse était interdite depuis les années 1800. Pitchford a écrit le scénario du film éponyme et les paroles de la chanson, collaborant avec Kenny Loggins pour la composition. Le morceau est devenu le thème principal du film « Footloose », sorti le 17 février 1984, mettant en vedette Kevin Bacon. L’histoire suit un adolescent qui déménage dans une petite ville où la danse est illégale. Enregistrée pour la bande originale du film, la chanson est sortie en single en janvier 1984 et a connu un succès international fulgurant, atteignant la première place des charts dans plusieurs pays. « Footloose » a été nominée pour de nombreux prix, dont un Oscar et un Golden Globe de la meilleure chanson originale. En 2018, elle a été inscrite au Registre national des enregistrements par la Bibliothèque du Congrès des États-Unis, consacrant son statut de classique.
« Fascination »
Alphabeat
« Fascination » d’Alphabeat a été écrite en 2003 par le guitariste Anders Bønløkke alors que le groupe était encore au lycée à Silkeborg, au Danemark. Inspirée par la chanson « Modern Love » de David Bowie, elle est devenue le premier single du groupe, sorti initialement au Danemark en 2006. La chanson a marqué le début de leur succès international lorsqu’elle a été rééditée en 2008, atteignant la 6e place des charts britanniques. « Fascination » a propulsé Alphabeat sur le devant de la scène, changeant la vie des membres du groupe. Son succès a été amplifié par son utilisation dans des publicités pour Coca-Cola dans plusieurs pays et son inclusion dans des jeux vidéo comme Band Hero. La chanson a reçu une certification Platine au Royaume-Uni en avril 2024, témoignant de sa popularité durable et de son impact sur la carrière d’Alphabeat.
« Matchbox »
Carl Perkins
« Matchbox » a été écrite et enregistrée par Carl Perkins, pionnier du rockabilly, le 4 décembre 1956 aux studios Sun Records. La chanson s’inspire d’un refrain du bluesman Blind Lemon Jefferson, démontrant l’influence du blues sur le rockabilly naissant. Lors de cette session d’enregistrement historique, Perkins était accompagné de ses frères, avec Jerry Lee Lewis au piano. Johnny Cash était présent dans le studio, et Elvis Presley fit une brève apparition, donnant lieu à la fameuse session du « Million Dollar Quartet ». Sam Phillips, le propriétaire de Sun Records, eut l’intelligence de laisser les micros allumés, capturant ainsi ce moment unique. « Matchbox » est devenue un classique du rockabilly, caractérisée par son rythme entraînant et ses riffs de guitare accrocheurs. La chanson a été reprise par de nombreux artistes, notamment les Beatles en 1964, qui l’ont enregistrée avec Ringo Starr au chant principal.
« Twenty Flight Rock »
Eddie Cochran
« Twenty Flight Rock », composée par Eddie Cochran et Ned Fairchild en 1956, fait partie des premiers titres marquants du rock’n’roll. La chanson a fait ses débuts dans le film « La Blonde et moi » (The Girl Can’t Help It), où Cochran l’interprète dans une scène. La première version a été enregistrée aux studios Gold Star avec Connie Smith et Jerry Capehart. En 1957, Cochran a réenregistré la chanson avec Connie Smith, Perry Botkin et le Johnny Mann Chorus. Cette seconde version est sortie en single la même année, connaissant des ventes régulières sur une longue période malgré un succès initial modeste. La chanson a acquis une importance historique lorsque Paul McCartney, alors âgé de 15 ans, l’a choisie pour son audition avec John Lennon en 1957. L’interprétation impressionnante de McCartney a conduit à son invitation à rejoindre les Quarrymen, le groupe qui allait devenir les Beatles.
« Last Nite »
The Strokes
Sorti en 2001, « Last Nite » est l’un des titres fondateurs du renouveau du rock indépendant du début des années 2000. Le morceau se distingue par ses guitares tranchantes, sa basse répétitive et sa batterie au rythme binaire constant, directement inspirés du rock brut des années 70. La voix détachée et légèrement nonchalante de Julian Casablancas raconte une relation amoureuse instable, traduisant un mélange de désinvolture et de tension émotionnelle. Cette esthétique minimaliste et énergique a rapidement imposé The Strokes comme figure majeure de la scène new-yorkaise. Grâce à son tempo régulier et à sa structure claire en 4/4, Last Nite constitue un support idéal pour la danse rock à six temps. Il s’agit d’un excellent exemple de chanson moderne qui perpétue l’esprit du rock’n’roll dans un langage musical contemporain.
« Dance With Me Tonight »
Olly Murs
« Dance With Me Tonight », paru en 2011, s’inspire des sonorités swing et rock’n’roll des années 50 tout en les adaptant à une production pop contemporaine. La présence de cuivres festifs, d’une rythmique dynamique et d’un tempo entraînant crée immédiatement une ambiance joyeuse et dansante. La voix chaleureuse d’Olly Murs invite directement à partager un moment de danse, renforçant le caractère convivial et fédérateur du morceau. La structure musicale simple, fondée sur un rythme binaire stable en 4/4, en fait un support particulièrement adapté au rock à six temps. Les accents réguliers permettent une exécution claire du pas de base, tandis que l’énergie constante du morceau favorise les variations, les jeux de bras et l’interprétation. Très utilisé en cours et en soirées, ce titre illustre parfaitement l’adaptation contemporaine de l’esthétique rock’n’roll à la scène pop actuelle.