DANSE : le street jazz
Les multiples styles de street jazz
Il existe de très nombreux styles de street jazz, et il faut bien reconnaitre : il est difficile de s’y retrouver et de bien les différencier ! Ce qu’une école de danse appelle « Funky Jazz », une autre l’appellera « Commercial Jazz » ou « Street Jazz » tout court. Il n’y a pas vraiment de nomenclature standardisée, ce qui crée une multitude de noms pour des styles très similaires. De plus, beaucoup de styles sont très proches les uns des autres. Par exemple, le Commercial Jazz, le Funky Jazz et l’Urban Contemporary Jazz partagent tellement d’éléments qu’ils sont souvent regroupés dans les mêmes cours de danse. A cela, il faut également souligner également que certains styles sont très spécialisés et peu dansés. Par exemple, l’Experimental Jazz, le Theatrical Jazz ou le Sensual Jazz sont pratiqués par relativement peu de danseurs et proposés dans très peu d’écoles.
Faisons à présent le tour des différents noms gravitant autour de l’univers du street jazz, accrochez-vous … !
• Le Lyrical Jazz mélange la technique du jazz avec l’émotion de la danse contemporaine. C’est fluide, expressif et souvent dansé sur des musiques pop ou R&B.
• Le Commercial/Videoclip Jazz est ce qu’on voit dans les clips musicaux et à la télé. C’est énergique, stylisé et conçu pour être percutant visuellement. On le retrouve beaucoup chez des artistes comme Beyoncé ou dans les émissions de danse.
• Le Funky Jazz intègre des éléments du funk et du hip-hop dans le jazz classique. Il y a beaucoup de groove, d’isolations et d’attitude, avec une forte influence des danses urbaines.
• Le Jazz Roots revient aux origines du jazz avec des mouvements plus classiques mais revisités avec une énergie moderne.
• Le Broadway Jazz est très théâtral et expressif, inspiré des comédies musicales. C’est spectaculaire avec beaucoup d’amplitude dans les mouvements.
• Le Jazz Fusion combine plusieurs influences : hip-hop, contemporain, africain… C’est très éclectique et les chorégraphes ont beaucoup de liberté créative.
• Le Afro Jazz incorpore des mouvements et rythmes africains traditionnels dans la structure du jazz. On y trouve beaucoup de travail du bassin, des ondulations et une connexion forte au sol.
• Le Latin Jazz intègre des éléments de salsa, mambo ou samba avec des techniques jazz. C’est sensuel, rythmé et très axé sur le travail des hanches et l’isolation du buste.
• Le Theatrical Jazz va encore plus loin que le Broadway jazz dans l’aspect narratif et dramatique, avec des expressions faciales exagérées et une vraie mise en scène.
• Le Jazz Contemporain fusionne vraiment la technique contemporaine pure avec le jazz. On y trouve des chutes au sol, des contractions et beaucoup de fluidité dans les transitions.
• Le New Style Jazz est plus récent et très influencé par la K-pop et les tendances actuelles des réseaux sociaux. C’est précis et souvent synchronisé à l’extrême.
Et nous aurions pu citer également … le Smooth Jazz, le Jazz Funk Heels, le Waacking Jazz, le House Jazz, le Experimental Jazz, le Retro Jazz, le Girly Jazz, le Power Jazz, le Sensual Jazz, le Urban Contemporary Jazz, le Heels Fusion …
La chorégraphie collective avant tout
Bien qu’il puisse parfaitement être pratiqué en solo, notamment à travers des performances individuelles ou du freestyle, la forme la plus visible et la plus répandue du street jazz reste aujourd’hui la chorégraphie collective.
Cette prédominance s’explique d’abord par l’histoire même du style. Le street jazz s’est développé comme une danse de scène, pensée pour le spectacle, les clips musicaux, les émissions télévisées et les concours. Contrairement aux danses sociales comme la salsa ou le swing, qui se pratiquent avant tout en interaction entre partenaires, le street jazz s’inscrit dans une logique de représentation. Dans ce cadre, la chorégraphie de groupe devient naturellement le mode d’expression privilégié, car elle permet de créer un impact visuel fort et structuré. La culture des studios de danse a également joué un rôle central. Le street jazz s’enseigne majoritairement en école ou en studio, selon un format classique : échauffement, travail technique, puis apprentissage d’une chorégraphie collective. Cette méthode favorise la formation de groupes réguliers, de compagnies ou de crews, qui développent un répertoire commun et une identité artistique partagée. Le collectif devient alors un moteur de progression et de créativité.
L’essor des vidéos en ligne et des réseaux sociaux a renforcé ce phénomène. Filmer un groupe permet de mettre en valeur des éléments spectaculaires essentiels au street jazz : la synchronicité des mouvements, l’énergie collective, le niveau technique des danseurs et l’esthétique globale de la mise en scène.
Les compétitions de street jazz
Les crews de street dance disposent aujourd’hui de nombreuses compétitions et concours internationaux pour présenter leurs chorégraphies, se mesurer à d’autres équipes et gagner en visibilité. Ces événements sont devenus des rendez-vous majeurs de la scène urbaine mondiale, attirant aussi bien des groupes amateurs que des compagnies professionnelles.
Parmi les plus emblématiques, le World Hip Hop Dance Championship (HHI) fait figure de référence. Ce championnat mondial met particulièrement en valeur les chorégraphies collectives synchronisées, où précision technique, créativité et impact visuel sont essentiels.
Le Red Bull Dance Your Style propose un format différent, plus spontané, basé sur des confrontations directes et l’énergie scénique.
En Europe, Juste Debout, organisé à Paris, est devenu un rendez-vous incontournable de la street dance, qui offre une vitrine prestigieuse à la scène française et internationale.
De plus, il est aujourd’hui très fréquent aussi de voir des crews amateurs de street jazz proposer des chorégraphies collectives dans des émissions télévisées comme « La France a un incroyable talent« . Ces groupes de jeunes artistes y trouvent une opportunité unique de se faire remarquer, de gagner en visibilité et parfois d’accéder à une reconnaissance professionnelle.
Apprendre à danser le street jazz
Les bases techniques à connaitre
Les isolations
Les isolations constituent l’un des piliers du street jazz. Elles consistent à bouger une partie du corps indépendamment des autres. On travaille ainsi les mouvements de la tête, des épaules, du buste ou encore des hanches. Elles donnent au street jazz son aspect saccadé, stylisé ou fluide selon l’intention recherchée.
Les pas de base jazz
Le street jazz conserve l’héritage du jazz chorégraphique. On y retrouve donc des pas techniques essentiels : le plié, le relevé, les déplacements, ainsi que les tours simples. Ces éléments renforcent l’ancrage au sol, la stabilité et l’équilibre. Ils apportent aussi les lignes élégantes et dynamiques caractéristiques du style. Même dans une danse très urbaine, ces bases jazz garantissent une exécution propre et maîtrisée.
• Le Plié : Indispensable pour l’amorti et la puissance. En Street Jazz, le plié est souvent plus profond et plus « ancré » dans le sol que dans d’autres danses.
• Le Relevé : Monter sur les demi-pointes pour travailler l’équilibre et la verticalité.
• Les Tours Simples : Apprendre à tourner sur un axe droit, en utilisant le « spot » (fixer un point du regard) pour ne pas avoir le tournis.
La coordination
Une autre compétence centrale est la coordination. Le street jazz mobilise simultanément les bras, les jambes et le buste, souvent sur des rythmes rapides ou syncopés. Apprendre à coordonner ces différentes parties du corps développe la mémoire corporelle, la fluidité et la capacité à enchaîner des séquences complexes. Cette coordination est essentielle pour suivre une chorégraphie collective avec précision.
• La Dissociation : Apprendre à avoir un rythme lent en bas (jambes) et un rythme rapide en haut (bras), ou inversement.
• La Précision des mains : Contrairement au Hip-Hop pur où les mains sont souvent relâchées, le Street Jazz demande des mains « placées » (doigts tendus, poignets cassés ou poings serrés selon le style).
La posture et les lignes du corps
Enfin, le travail de posture est fondamental. Il s’agit d’apprendre à tenir son corps, à engager le centre, à allonger les lignes et à contrôler l’alignement. Une bonne posture améliore l’esthétique du mouvement, prévient les blessures et permet de dégager une présence scénique forte. Elle donne au danseur l’assurance nécessaire pour occuper l’espace et affirmer son style.
• L’Alignement : Maintenir une colonne vertébrale étirée pour paraître plus grand et plus dynamique sur scène.
• Le Contraste : Savoir passer d’une ligne très droite et académique (jambe tendue, pointe de pied) à une posture « grounded » (genoux fléchis, dos légèrement arrondi, centre de gravité bas).
• Le Transfert de poids : Maîtriser le passage du corps d’une jambe à l’autre sans perdre l’équilibre, ce qui est crucial pour les enchaînements rapides.
Le groove et la musicalité
Au-delà de la technique, le street jazz est avant tout une danse musicale. Il ne s’agit pas seulement d’exécuter des mouvements, mais de faire corps avec la musique. Le groove et la musicalité donnent vie à la chorégraphie et permettent au danseur de transmettre une énergie et une intention artistique.
Comprendre le rythme
La première étape consiste à apprendre à reconnaître la structure rythmique d’un morceau. Temps forts, contretemps, accents, silences : le danseur doit comprendre comment la musique est construite. Ce travail rythmique permet d’anticiper les changements, de rester dans le tempo et d’exécuter les mouvements avec précision. Une bonne compréhension du rythme est essentielle pour danser en groupe et rester parfaitement synchronisé. Écouter différents morceaux, repérer les structures, identifier les breaks ou les variations aide à affiner la musicalité. Cette habitude développe l’oreille rythmique et facilite l’apprentissage des chorégraphies, tout en nourrissant l’inspiration artistique du danseur.
Accentuer les temps musicaux
Le street jazz joue beaucoup sur les accents. Certains mouvements sont volontairement marqués sur des temps forts, tandis que d’autres suivent des contretemps ou des ruptures musicales. Apprendre à accentuer ces moments clés permet de rendre la danse plus percutante, plus expressive et plus dynamique. C’est ce jeu d’accents qui donne au street jazz son style énergique et son impact visuel.
Apprendre à danser en groupe
Le street jazz est une danse profondément liée au travail collectif. Si l’expression individuelle y tient une place importante, la pratique en groupe constitue l’une des expériences les plus formatrices de l’apprentissage.
Mémoriser une chorégraphie
Danser en groupe commence par l’apprentissage d’une chorégraphie commune. Le danseur doit mémoriser des enchaînements précis, retenir les directions, les niveaux et les transitions. Ce travail sollicite la mémoire corporelle et la concentration.
• Le découpage par blocs : Apprendre la chorégraphie par segments de 8 temps. Une fois le premier bloc maîtrisé, on y ajoute le deuxième, et ainsi de suite.
• Les repères musicaux : Associer un mouvement spécifique à un mot dans les paroles ou à un son particulier (un « clap », un silence). Cela permet au corps de réagir par réflexe.
• La mémoire musculaire : Répéter le mouvement lentement pour que les muscles l’enregistrent sans l’aide du cerveau, permettant ainsi de se concentrer plus tard sur l’expression.
Se synchroniser
La synchronisation est essentielle dans une chorégraphie collective. Il ne s’agit pas seulement d’être dans le bon tempo, mais de bouger au même moment, avec la même intention et la même dynamique que les autres danseurs. Ce travail développe l’écoute du groupe, la vision périphérique et la capacité à s’adapter. Une bonne synchronisation crée l’effet visuel puissant qui caractérise les performances de street jazz en crew.
Développer son style personnel
Si le street jazz repose sur une base technique et chorégraphique commune, chaque danseur est ensuite invité à y apporter sa propre identité. Développer son style personnel permet de passer d’une exécution correcte à une performance marquante.
L’interprétation
L’interprétation consiste à donner du sens aux mouvements. Au-delà de la technique, le danseur apprend à transmettre une intention : énergie, douceur, puissance, sensualité ou légèreté selon la chorégraphie. Ce travail permet de raconter quelque chose à travers le mouvement et d’entrer pleinement dans l’univers musical proposé.
Attitude et expression
Le street jazz accorde une grande importance à l’attitude. Regard, visage, posture, engagement corporel : tout participe à l’expression. Développer son attitude, c’est apprendre à assumer sa présence, à affirmer un caractère et à dégager une personnalité artistique. Cette expression donne au danseur sa signature et distingue chaque interprétation, même au sein d’une chorégraphie collective.
La confiance scénique
Construire son style personnel passe par la confiance. Oser prendre sa place, se montrer, occuper l’espace et assumer ses mouvements sont des étapes essentielles. La pratique régulière, les cours, les répétitions et les prestations en public renforcent cette assurance.
• L’amplitude maximale : Un danseur qui a confiance occupe tout l’espace. Ses bras vont au bout de la ligne, ses sauts sont hauts, ses appuis sont larges. Ne vous « rapetissez » pas.
• Accepter l’erreur : Si vous vous trompez de pas, continuez avec une telle assurance que le public pensera que c’était prévu. La fluidité est plus importante que la perfection scolaire.
• Le charisme : C’est l’énergie que vous dégagez avant même de commencer à bouger. Travaillez votre posture de départ et votre sortie de scène : ce sont les deux moments qui marquent le plus l’esprit des spectateurs.
Découvrir le street jazz
De la rue à la scène : l’histoire vivante du street jazz
L’origine du street jazz s’inscrit dans l’histoire des danses afro-américaines et du jazz social, nées dans les rues et les clubs des États-Unis. Au fil du temps, ces danses rencontrent le jazz de scène, puis les styles urbains du hip-hop. À la fin des années 1980, cette rencontre crée un nouveau style mêlant énergie de rue et danse chorégraphiée. Son évolution est portée par les clips musicaux, la télévision et les studios de danse, qui diffusent le street jazz dans le monde entier.
Des beats puissants pour faire vibrer le street jazz
Les musiques de street jazz sont rythmées, énergiques et pleines de caractère. Elles viennent de la pop, du R&B, de l’électro ou des sons urbains actuels. Des chansons comme par exemple « Runaway » de Galantis, « Djadja » d’Aya Nakamura ou « Dirrty » de Christina Aguilera offrent des tempos marqués et des ambiances fortes, idéales pour bouger avec style. La musicalité du street jazz repose sur des rythmes entraînants et des refrains puissants qui inspirent autant la danse libre que les chorégraphies.
Des étoiles de la scène street jazz
De grands danseurs de street jazz ont fait connaître ce style dans le monde entier. Parmi les grands danseurs, JoJo Gomez se distingue par son énergie et son expressivité, tandis que Matt Steffanina est devenu célèbre grâce à ses vidéos et ses chorégraphies suivies par des millions de fans. Ces artistes inspirent de nombreux passionnés et montrent que le street jazz est une danse vivante et moderne.
FAQ : les questions les plus fréquentes sur le street jazz
Quelle est l'origine du street jazz ?
Le street jazz naît à la fin des années 1980, lorsque la technique du jazz scénique fusionne avec les danses urbaines issues du hip-hop. Il combine héritage afro-américain, culture de rue et esthétique du spectacle.
Quelle est la différence entre street jazz et hip-hop ?
Le hip-hop est une danse de rue fondée sur le freestyle et la culture battle. Le street jazz mélange cette énergie urbaine avec la technique et la précision du jazz chorégraphique.
Le street jazz est-il accessible aux débutants ?
Oui, le street jazz est accessible à tous. Les cours proposent souvent des niveaux progressifs permettant d’apprendre les bases techniques et le groove sans expérience préalable en danse.
Sur quel type de musique danse-t-on le street jazz ?
On danse le street jazz sur des musiques pop, R&B, hip-hop, funk, électro ou afrobeats. Le style s’adapte à tout morceau rythmé et expressif.
Le street jazz est-il une danse physique à pratiquer ?
Oui. Il sollicite tout le corps, demande coordination, endurance et souplesse. Cependant, l’intensité s’adapte au niveau de chacun.
Le street jazz se danse-t-il plutôt en solo ou en groupe ?
Les deux. Il se pratique en solo pour développer style et expression personnelle, et en groupe pour travailler synchronisation et chorégraphies collectives.
Le street jazz est-il présent dans les compétitions de danse ?
Oui. Il est reconnu dans de nombreuses compétitions et conventions, avec des catégories dédiées au street jazz ou à la danse commerciale.